Archive pour 8 mars 2010

08
mar
10

Mes sœurs musulmanes, le portrait de deux Québécoises musulmanes voilées qui s’assume

Comme je l’ai annoncé il y a une dizaine de jours, je suis allé à la première mondiale du film Mes sœurs musulmanes, réalisé par la féministe Francine Pelletier, produit par Les films de l’Isle et distribué par Les Films du 3 Mars.

Au départ, je voulais publier mes commentaires sur ce film la semaine passée, mais suite à l’histoire de Naïma Atef Amed et de son niqab, exposé en exclusivité par Vincent Marissal, j’ai préféré laisser reposer un peu la poussière.

De plus, comme Télé-Québec présente, ce soir à 21 h, ce documentaire et que nous sommes aujourd’hui la journée internationale des femmes, j’espère que mes lecteurs et lectrices prendront le temps de lire ma critique et de regarder le film, ce soir, avant de porter des jugements préconçus.

Mes sœurs musulmanes est un documentaire qui a été tourné durant l’année 2007 nous permet de bien comprendre la façon de penser de deux jeunes femmes musulmanes qui portent le voile islamique.

La caméra de Francine Pelletier, nous permet de suivre Geneviève Lepage, Québécoise d’origine qui a choisi de se convertir à l’âge de 24 ans, et Asmaa Ibnouzahir, Marocaine de naissance, elle est arrivée au Québec à 14 ans et ce n’est que depuis 2004 qu’elle porte le hijab.

Dès le début du documentaire, on comprend que les deux jeunes femmes ont de la difficulté à vivre pleinement leur foi au Québec. Ces deux universitaires (l’une a une maîtrise et l’autre un doctorat) sont des femmes qui ont des opinions et qui n’hésitent pas à les faire connaître. C’est aussi très clair qu’elles sont fières d’être Québécoises et musulmanes à la fois.

Le père de Geneviève semble très honnête lorsqu’il affirme qu’il souhaite beaucoup de bonheur à sa fille. Il respecte la décision de sa fille, mais il n’est pas tellement à l’aise avec le port du voile. Il désire qu’elle puisse prendre sa place dans la communauté musulmane, mais, du même souffle, il estime que ça prendra de deux à trois cents ans avant que ça change.

Geneviève se considère très féminine malgré son voile, elle porte une attention particulière à sa coquetterie et elle choisit ses épingles avec minutie, en plus de faire “matcher” les couleurs de ses vêtements avec celle de son foulard.

Mon moment préféré du film à lieu lorsque Geneviève et Asmaa ont une discussion sur la façon de prier, doit-on seulement croiser les mains sur l’abdomen ou l’on peut aussi avoir les bas le long du corps ? L’échange entre elles est un exemple poignant de la droiture et l’orthodoxie que l’on peut retrouver dans toutes les religions.

Il est aussi très intéressant d’écouter Geneviève nous parler de la conception différente de l’amour chez les musulmans. Pour elle, l’important pour qu’un mariage soit réussi c’est que son mari doit aimer Allah.

De son côté, Asmaa a beaucoup de difficulté à rencontrer un conjoint qui lui permettra de continuer sa démarche spirituelle.

Pour elle, c’est obligatoire que son mari soit musulman et pratiquant parce que le contraire la fera nécessairement régresser dans son cheminement.

Asmaa est une porte-parole aguerrie de Présence musulmane. Elle est en mesure de bien expliquer son point de vue et elle a fait plus apparition à la télévision. Elle s’est entretenue avec Dominique Poirier à RDI, en 2007, suite à la décision d’Élections Canada de permettre aux femmes musulmanes de voter avec une burqa ou le niqab.

De plus, comme on peut le voir dans le film, elle a aussi participé à Bazzo.TV à quelques reprises. Un peu idéaliste, elle s’est donné la mission d’éduquer la population est parfois elle trouve ça assez lourd à porter.

Il est très intéressant de l’entendre dire que ce n’est pas parce qu’elle porte le voile que nécessairement elle n’a jamais de période de remise en question. Elle retournera même au Maroc pour réfléchir à son avenir.

Mon analyse : J’ai beaucoup apprécié ce documentaire parce qu’il nous permet de bien comprend la façon de pensée de deux musulmanes pratiquantes et fières de l’être.

La réalisatrice a reconnu qu’au départ, à titre de féministe, elle avait un préjugé bien défavorable face aux femmes qui choisissent de porter le hidjab. Le tournage de ce documentaire lui a fait prendre conscience que ces musulmanes sont autant des femmes qu’elle.

Il est, maintenant, clair pour moi que la majorité des musulmanes québécoises qui portent le voile le font d’abord pour elles-mêmes est que c’est pour elles un signe de leur démarche spirituelle.

Bien sûr, il est faux de prétendre que toutes les musulmanes du Québec sont soumises à leur mari et du même coup, il est faux d’affirmer qu’aucun musulman oblige sa femme à se voiler.

Enfin, je tiens à souligner que Télé-Québec a choisi de diffuser ce film aujourd’hui alors que nous la journée internationale des femmes.

Ce documentaire nous permet de saisir qu’il y a plusieurs façons de pensées pour une femme et bien que certaines soient en désaccord avec la décision de Télé-Québec, il est évident que la lutte pour l’émancipation de la femme au Québec est un combat qui est très avancé aujourd’hui.

Malheureusement, certaines féministes nous laissent croire que nous sommes encore en 1930 et que les femmes n’ont pas encore le droit de vote au Québec. La lutte des femmes à beaucoup de difficulté à évoluer actuellement et ce n’est pas en fessant une chasse aux sorcières musulmanes que la situation s’améliorera.

Le gouvernement Charest se doit de mettre des balises claires en matière de signes religieux. La décision de la semaine dernière avec le niqab était la bonne chose à faire, mais des règles claires dans la gestion de l’État éviteraient l’intervention de fonctionnaires du ministère de l’Immigration dans un cégep.

08
mar
10

Pauline Marois franchement élitiste et sexiste

En cette Journée internationale des femmes, la Presse Canadienne, sous la plume de Jocelyne Richer, vient de publier un long portrait de Pauline Marois où elle revient sur ses difficultés à ne plus porter de foulards multicolores, bijoux clinquants et sur la supériorité des femmes.

Pour elle, c’est bien pénible de cacher sa réussite sociale, elle affirme « C’est contre nature pour moi d’avoir un uniforme. J’aime tellement les couleurs! ». Elle dit aussi avoir dû se faire violence et aller contre sa nature profonde, pour se conformer au moule de chef politique, en modifiant son image et sa personnalité.

De plus, pour elle, c’est difficile de se sentir proche de la population. « Je ne pouvais pas rester dans le modèle qui me convient le mieux » explique celle qui beaucoup de misère à avoir du mordant en chambre.

Les nombreux reproches qui lui ont été faits à travers les années l’ont amené à se décrire comme une « victime quant à l’aspect physique et vestimentaire ».

Un peu plus loin, elle est persuadée que les femmes, une fois au pouvoir, se comportent différemment des hommes et qu’elles seraient mieux.

Son argumentaire repose sur le fait qu’elle croit que les femmes ont un style de gestion plus conciliant, et ont démontré qu’elles savaient être « plus près du quotidien ».

Encore une fois, elle a de la difficulté à vivre avec la pression qu’elle se met elle-même sur le dos. Elle affirme que les attentes seront grandes à son égard particulièrement celles des femmes, qui la surveille de près. « Que je le veuille ou non, c’est une responsabilité additionnelle », explique-t-elle.

Denise Bombardier, à 98,5 ce matin, est bien mal à l’aise avec les propos de la chef péquiste.

Elle croit que ni les hommes, ni les femmes ne sont les meilleurs pour exercer le pouvoir. Pour Mme Bombardier, ça prend des qualités particulières pour faire ça et maintenant les femmes ont accès à ces postes. Elle est complètement contre l’idée que toutes les femmes réagissent pareil à la même situation.

Ainsi, il est complètement faux de dire que les femmes sont meilleures que les hommes et vice-versa. Pour elle, l’égalité homme-femme c’est de reconnaître les qualités de l’individu avant de considérer son sexe.

Mon analyse : Pauline Marois réussit à se contredire en quelques minutes dans cette entrevue.

Dans un premier temps, elle reconnaît que le document péquiste, publié par Denis Lessard le 7 novembre 2008, qui la décrivait comme « snob », « pas de sens du clip », « pas de répartie » et « loin des problèmes des gens », reflétait bien la réalité.

Le fait de se décrire comme une victime et d’affirmer qu’elle a dû se faire violence pour changer son aspect vestimentaire plutôt ostentatoire démontre clairement qu’elle se trompe lorsqu’elle estime qu’elle « se voit plutôt comme une femme toute simple et facile d’accès ».

Pauline Marois, alors qu’elle siégeait à l’opposition, à l’époque de Robert Bourassa, était bien fière de se balader en Porsche aux alentours de l’Assemblée nationale. C’est elle, aussi qui, alors ministre de la Santé, avait fait rénové son propre bureau et fait installer une toilette silencieuse, une douche et deux salles de réunion pour la modique somme de 403 000 $.

Dans la longue entrevue avec la presse canadienne, Pauline Marois affirme aussi qu’elle est « assez rough » et ça, je suis bien d’accord avec elle.

Bien qu’elle ait beaucoup de difficulté présentement à marquer des points contre Jean Charest, on doit se souvenir, en août 2004, qu’elle réclame publiquement la tête de Bernard Landry en demandant une course à la direction.

Il faut être capable de reconnaître que ça prenait tout un front de bœuf pour déclarer officiellement la guerre à son propre chef. Évidemment, ce geste démontrait l’absence de loyauté et de fidélité de Mme Marois envers son patron, mais à l’époque la guerre interne était déclaré depuis la défaite péquiste d’avril 2003.

Enfin, ce qui me déçoit le plus chez Mme Marois, c’est sa conception que les hommes et les femmes doivent être en rivalité. Pourquoi un groupe doit être meilleur que l’autre? C’est une philosophie qui est complètement dépassée de nos jours.

Pour moi, l’égalité entre les hommes et les femmes, ça signifie d’être capable de considérer les forces et les faiblesses d’un individu sans prendre en considération son sexe.

Pour madame Marois, au contraire TOUTES les femmes « ont un style de gestion plus conciliant ». Pourtant, ni Margaret Thatcher, ni Monique Jérôme-Forget n’ont été décrites ainsi. Il s’agit là de propos hautement sexiste et démagogue.

Bien sûr, il n’y aura pas beaucoup de gens qui vont déchirer leur chemise à cause de ce type d’appel à la solidarité féminine de Pauline Marois.

Sérieusement, comment les lobbys féminins prendraient ça si le ministre des Finances, Raymond Bachand affirmait que les hommes ont un esprit plus cartésien et que c’est pour ça qu’ils sont meilleurs pour faire un budget.

Une telle déclaration est aussi sexiste que celle sur la « gestion plus conciliante » de la chef péquiste, par contre, les dommages à la carrière de M. Bachand seraient-ils les mêmes, on peut en douter !!!




Citation de l’heure

« Saviez-vous que le Québec finance 26 % plus de services qu'en Ontario. Ça représente une somme de 17,5 milliards annuellement ».

- LES COULISSES DU POUVOIR, RADIO-CANADA, 14 MARS 2010

 

mars 2010
D L Ma Me J V S
« fév   juil »
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031  

Blog Stats

  • 330,835 chaleureuses visites

Mes commentaires sur Twitter

Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire a ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par e-mail.

Joignez-vous à 16 followers

Archives

Pages


Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.