L’annonce aujourd’hui de l’expulsion du SPQ Libre des instances péquistes n’enlève en rien une épine au pied du PQ.
Tout d’abord, on doit se rappeler que cette créature empoissonnée est un héritage de Bernard Landry qui a bien voulu accepter ce groupement au sein de son parti.
L’objectif premier de Landry était avant tout de lui permettre de gagner son vote de confiance. De plus, la présence de ce club devait retenir l’aile militante de gauche face à Québec Solidaire qui était en devenir à l’époque.
Dans les deux cas, ce fut un échec. Pire, au début de février, Pierre Dubuc et son journal, L’Aut’journal, a publié intégralement un communiqué de Québec Solidaire sur son site web. Ça n’a pas dû aider à faire baisser la pression. Mais il y a bien d’autre irritants et Yves Chartrand en a fait une excellente description.
Bien que les Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre ne sont plus reconnus par le PQ, leur organisation ne disparaît pas pour autant.
Comme le mentionne la déclaration de principes du club politique, il s’agit d’une organisation indépendante, avec ses propres orientations et ses statuts et règlements. De plus, ils ont leur CA et ils sont incorporés en tant qu’organisme sans but lucratif.
Regroupant seulement 400 membres, le SPQ libre continuera à faire parler de lui, comme l’a confirmé son président Marc Laviolette, en réaction à l’expulsion de son groupe. Il a déclaré qu’il continuera à faire valoir ses opinions au sein du parti et le secrétaire du Club, Pierre Dubuc, agira dorénavant comme « un péquiste indépendant ».
Nonobstant la disparition de ce groupe de pression au sein du PQ, les syndicalistes sont toujours autant présents dans ce parti.
À commencer par Jonathan Valois qui est le Président de ce parti et qui occupe le poste de Coordonnateur régional au développement de la souscription pour le FondAction, donc il est à l’emploi de la CSN.
Loin d’être le seul à avoir des liens avec les milieux syndicaux, une multitude de députés péquistes ont occupé des fonctions dans un syndicat avant de siéger à l’Assemblée nationale.
Voici un petit répertoire de députés péquiste avec leurs anciennes fonctions syndicales :
Pascal Bérubé Vice-président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ)
Yves-François Blanchet Président de l’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ)
Marie Brouillé Adjointe au directeur général de l’Union des producteurs agricoles (UPA) et Directrice générale de la Fédération des producteurs de pommes de terre du Québec
Pierre Curzi Président de l’Union des artistes (UDA)
Bernard Drainville Président de la Fédération des étudiants de l’Université d’Ottawa
Marjolain Dufour Président de la CSN régional, Représentant syndical à Emploi-Québec pour le CRD Côte-Nord
François Gendron Membre fondateur et secrétaire du Syndicat des travailleurs de l’enseignement du Nord-Ouest québécois et Délégué au Conseil provincial de la Centrale de l’enseignement du Québec (CEQ)
Nicolas Girard Conseiller syndical à l’information au Service des communications de la Confédération des syndicats nationaux (CSN)
Lisette Lapointe Recherchiste, Centrale des syndicats démocratique
François Rebello Président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ)
Lorraine Richard Secrétaire, Syndicat des travailleurs et travailleuses, Centre de santé de la Minganie (CSN)
Monique Richard Présidente de la CEQ, devenue la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
Mathieu Traversy Adjoint au responsable de l’organisation, bureau de direction de la FTQ
Denis Trottier Négociateur syndical et membre du Comité national de mobilisation des chargés de cours, FNEEQ-CSN
Tous ces députés représentent quand même 26 % de la députation du PQ. Ce sont tous des portes d’entrée à différents niveaux pour les leaders syndicaux actuels.
Mon analyse : Pauline Marois essaie de s’enlever une épine du pied en tassant le SPQ-Libre, mais la pensée syndicale continuera à vivre de façon très active au sein du PQ. Cette réalité n’est pas prête de changer de sitôt.
De plus, si Pauline Marois se questionne sur la provenance du salaire que verse le PLQ à Jean Charest, on est en droit de se demander à quel point la CSN fait une faveur au PQ en rémunérant son président et en le libérant régulièrement pour ses activités politiques.
André Pratte cite différentes questions posées par Mme Marois.
Elle se demande, entre autres, si : «La question que tout le Québec se pose est celle-ci : M. Charest, pour qui travaillez-vous? Travaillez-vous pour les Québécois qui payent votre salaire de premier ministre ou pour les amis du Parti libéral qui payent votre autre salaire? Serait-ce possible que Jean Charest hésite à mordre la main qui le nourrit? Ça expliquerait pourquoi le premier ministre refuse de déclencher une enquête publique.»
Peut-on se poser le même type de questions par rapport à Jonathan Valois ? Pour qui travaille-t-il ? Pour le PQ pour la CSN ? Serait-ce possible que Jonathan Valois hésitera à mordre la main qui l’a nourrit ? Y aura-t-il un retour du balancier si le PQ prend le pouvoir ? Peut-on imaginer que les demandes de la CSN qui se retrouveraient sur le bureau de Valois, une fois devenu ministre, auraient beaucoup de difficulté à cheminer ?
On peut même se demander aussi si une partie du salaire versé par la CSN est une forme de don au PQ, donc illégal selon la loi !!! Jonathan Valois est-il réellement en mesure de faire ses 40 heures aux bureaux de la CSN ? Que stipule son contrat avec le syndicat ?
Il est bon de regarder dans sa propre cour avant de jeter des roches dans celle du voisin ! Peut-être bien que le DGEQ va trouver que c’est d’à-propos de faire enquête sur cette situation.
Pour en revenir au réalignement idéologique de PQ, la manœuvre que tente de faire Pauline Marois est assez claire. Contrairement aux affirmations de Québec Solidaire, elle n’est pas rendue de droite, elle essaie simplement de se positionner plus vers le centre.
Mario Dumont aussi a essayé de faire la même démarche en prenant certaines positions qui se dirigeaient vers la gauche.
Dans les deux cas, ça ne signifie pas qu’ils abandonnent leurs façons de pensée, c’est simplement qu’ils ont besoin d’obtenir un maximum d’appui dans la population en générale pour être en mesure de défaire le parti libéral.
Dumont a lamentablement échoué. Les électeurs du centre ont cessé de croire en lui et plus de la moitié de ceux qui lui ont donné leur soutien en 2007 se sont abstenus en décembre 2008.
Pauline est bien peu crédible pour les gens comme moi de centre-droite et je ne vois pas comment elle pourrait rejeter ses propres réalisations des 30 dernières années.
De l’autre côté, elle prend la chance de se créer des ennemis à l’intérieur de ses propres murs qui seront prêts à l’envoyer sur l’échafaud comme elle l’a si bien faite avec Bernard Landry au début septembre 2004.
Plus du quart du caucus péquiste a travaillé dans le passé pour un syndicat, c’est une force considérable.
Peut-être bien qu’un ancien conseiller syndical à la Confédération des syndicats nationaux sera intéressé à son trône plus vite que prévu.
Pauline Marois n’aura peut-être pas la chance de piler bien longtemps sur les gros orteils des syndicats, déjà les TCA associés à la FTQ ne sont pas contents.
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