Archive pour janvier 2010

31
jan
10

Rachel, le film d’une mort évitable

Je suis allé voir hier soir le film Rachel présenté avec sous-titre français au cinéma du Parc et avec sous-titre anglais au AMC Forum 22. Ce film a été réalisé par Simone Bitton, une Marocaine juive qui a appris l’hébreu après avoir émigré en Israël en 1966. Elle a servi dans l’armée israélienne et par la suite, elle a appris à manier la caméra à Paris où elle réside encore aujourd’hui.

Le film enquête sur les circonstances de la mort d’une jeune américaine de 23 ans, Rachel Corrie, lors d’une confrontation entre des bulldozers israéliens et des pacifistes étrangers à Rafah dans la bande de Gaza à la frontière de l’Égypte.

Ce documentaire a pris trois ans à se réaliser. On y rencontre les compagnons étrangers qui vivaient avec elle à Rafah, des Palestiniens qui l’hébergeaient, un médecin palestinien qui a tenté de la gardé en vie, son copain resté à Olympia sur la côte ouest-américaine, ses parents, un soldat israélien en poste à Rafah à la même époque, une porte-parole de l’armée, l’enquêteur israélien qui s’est occupé du dossier, le médecin israélien qui fait l’autopsie de Rachel, plusieurs autres et même un anarchiste révolutionnaire israélien vivant à Tel-Aviv.

En plus, de ses nombreuses rencontres, la narration nous permet de prendre conscience de plusieurs lettres écrites de la main de Rachel. On voit aussi des vidéos de Rachel en Palestine dans les semaines précédant l’accident et même que l’armée israélienne a accepté de donner la bande vidéo de la confrontation entre le bulldozer et Rachel.

Comme on peut s’en douter, les versions des deux camps s’opposent.

Pour l’armée israélienne, le conducteur du bulldozer de 65 tonnes n’a pas vu Rachel, mais il a arrêté avant de l’écraser, elle aurait roulé dans la terre et ça l’aurait écrasée et asphyxiée. Cette version est défendue avec fermeté par la porte-parole de l’armée, mais aussi par le médecin légiste qui n’a pas trouvé de marque mécanique sur le corps de Rachel lors de son autopsie.

De l’autre côté, c’est plus nuancé. Ses amis qui étaient sur place, sans être tellement proche, l’on veut s’agenouiller devant le bulldozer qui était rendu tout près d’elle puis tenter de se relever alors que la terre bougeait sous elle, mais elle en a été incapable, elle est tombé et a roulé dans la terre. Après une longue hésitation, l’un de ses amis finit par nous dire que le bull a écrasé Rachel.

Les moments les plus émouvants du film, ont été pour moi, la lecture de la lettre de Rachel lue par son père et à sa mère ainsi que le vidéo d’une confrontation entre les militants du IMS, l’ONG palestinienne qui a amené Rachel à Rafah, et un bulldozer. Le véhicule lourd de l’armée s’approche à seulement quelques pieds des jeunes pacifistes.

Mon analyse : Comme tout documentaire qui traite du conflit entre Israël et la Palestine, ce film est partisan et il s’assume en dénonçant l’agression de l’armée israélienne.

Personnellement, je considère que ce n’est pas tellement important de savoir si la pelle du bulldozer a touché ou pas à Rachel. C’est évident que c’est sa proximité qui a causé son décès.

Le documentaire nous fait voir la vie au quotidien des Palestiniens dans la bande de Gaza. Se faire tirer dessus n’importe quand, n’importe où, voir sa maison se faire détruire, une réalité que l’on ne préfère pas vivre.

Du côté israélien, je suis toujours impressionné de constater l’ouverture et la collaboration de l’armée à ce type de documentaire qui ont pour objectif de les critiquer.

La rencontre avec la porte-parole officielle c’est une chose, mais rien n’obligeait l’armée à laisser parler le médecin légiste et encore moins de remettre la copie de la vidéo, bien qu’il manque les séquences cruciales.

L’attitude agressive de l’armée israélienne est souvent reprochée et même que c’est parfois des critiques justifiés. Par contre, on ne mentionne à peu près jamais la collaboration qu’ils ont avec des gens qui travaillent contre eux.

Dans ce conflit, je ne crois pas qu’il y est un clan de bons et un groupe de méchants, certes il s’agit d’une guerre avec deux armées qui possède des moyens diamétralement opposés, mais ça reste une guerre quand même.

Suite au décès de Rachel, il y a eu une très grande campagne de presse pour dénoncer ce meurtre. En réaction, une affiche a été produite, elle rappelle que durant la même année, du côté israélien, huit civiles nommées Rachel sont décédées suite à des attaques suicidaires palestiniennes.

Enfin, ça vaut ce que ça vaut, mais j’ai trouvé un site qui affirme que Rachel protégeait un tunnel d’infiltration d’armes plutôt qu’une maison. Trois vidéos, hélas retiré de You Tube, le démontrerait.

Encore aujourd’hui un site web rend hommage à Rachel Corrie décédé le 16 mars 2003 dans la bande de Gaza.

Il y a eu bien d’autres innocents qui sont morts dans cette région, et ce, d’un côté comme de l’autre du mur.

Il y a des gens de chaque côté qui souhaitent que cette guerre se perpétue dans le temps. Il y aura, malheureusement, encore bien d’autres Rachel…

30
jan
10

Ma vision de la laïcité québécoise

Ce colloque de la gauche québécoise m’a beaucoup aidé à réfléchir sur la laïcité, les accommodements raisonnables, le cours d’éthique et de culture religieuse (ECR). Au départ, je suis allé là dans un simple but d’observation, mais le débat a été tellement riche d’arguments que j’en suis sorti avec pleins de nouveaux arguments.

Pour les insécures, je continu à croire que les syndicats ce n’est pas une panacée, que le gouvernement ne doit pas s’ingérer dans les micro détails de la vie, que lorsque l’on est un adulte, on doit être en mesure de prendre des décisions réfléchies et de les assumer… bref, je suis toujours de centre-droit.

Pour en revenir au colloque, j’ai été particulièrement impressionné par la qualité de l’argumentaire de Daniel Baril du Mouvement laïque québécois et de Louise Mailloux du Collectif citoyen pour l’égalité et la laïcité. Tous deux étaient rigoureux dans leur approche et franc dans leur analyse.

Dans le courant de la semaine, j’ai discuté avec une amie qui enseigne la théologie et qui trouve que Daniel Baril est un radical de la laïcité. Elle n’aime pas tellement son approche anti-religion.

Même qu’elle m’a affirmé qu’il aimerait faire disparaître toutes les religions. Pour elle, c’est un intégriste de la laïcité, il n’est pas tellement mieux que les cathos ou les moudjahidin.

Dorénavant, je suivrai plus attentivement l’évolution de ces deux organisations, le MLQ et le CCIEL. Mais je serai attentif à leur prise de position et je garderai en mémoire leur possible penchant un peu trop extrême.

Mes valeurs n’ont pas changé radicalement à cause de ce colloque, je dirai plutôt qu’elles se sont enrichies et qu’elles sont plus approfondies maintenant.

Je continue à croire que le voile islamique est tout aussi acceptable que le col romain, la kippa ou le dastar sikh dans la rue ou au marché. Par contre, je considère que, dans un souci de neutralité, les employés de la fonction publique ne devraient pas porter de signes religieux distinctifs.

On peut débattre longtemps sur qui, dois ou ne dois pas être assujetti à une telle règle dans la fonction publique. Je pense que l’on ne doit pas débattre de chaque poste, c’est simplement sans fin. Le gouvernement devrait imposer des balises claires pour éviter le cas par cas et les imbroglios.

Pour ce qui est du cours d’ECR, ma réflexion a été grandement enrichie par les panelistes et les participants de la salle. Je crois maintenant que ce cours ne devrait pas être enseigné, à tout le moins, aux quatre premières années du primaire.

Par la suite, il me semble que le retour d’une option entre la morale et l’ECR pourrait être envisagé. On pourrait aussi offrir le cours d’ECR simplement en option, mais je trouve ça moins intéressant.

Je suis en désaccord avec sa simple abolition parce que je pense qu’il est important que nos jeunes aient des connaissances minimales sur les croyances religieuses par contre l’endoctrinement dès l’âge de sept ans, ce n’est pas nécessaire !

Enfin, tant que le gouvernement ne démontrera pas du leadership en ce qui concerne le cours d’ECR, les accommodements et le statut de la laïcité, de nombreux débats auront encore lieu.

Malheureusement, Jean Charest et son équipe n’ont pas le goût de déclencher de tempêtes et laisseront les gens grandir avec leurs frustrations.

De l’autre côté du spectre politique, Françoise David et l’Establishment solidaire ont choisi d’imposer la laïcité ouverte à ses militants. En conséquence, plusieurs femmes qui croient en une justice et une égalité qui protègent TOUTES les femmes ont choisi de quitter les rangs de ce parti.

Pour avoir jasé avec plusieurs d’entre elles lors du colloque, j’ai senti une profonde désillusion et une grande déception face à l’idéal qu’elles s’étaient fait de Québec Solidaire.

Ce petit Establishment ne devra pas seulement vivre avec le départ de plusieurs militantes et leaders dans leurs milieux. Mais aussi avec des femmes qui vont dénoncer à répétition que cette position ressemble passablement à celle du parti libéral du Québec.

Le débat sur la laïcité chez Québec Solidaire aura été beaucoup plus déchirant que celui sur la souveraineté ou le choix de leur logo. Il laisse des cicatrices à plusieurs. Même Françoise David marche sur des œufs lorsqu’elle en parle et elle préfère nettement aborder d’autres thèmes même si c’est le sujet du jour.

30
jan
10

La laïcité vu sous différents angles

Comme quoi ce colloque n’est qu’une brique dans la construction des fondations de la laïcité au Québec, de nombreux médias ont aussi touché à ce sujet ces derniers temps.

Tout d’abord, on se doit de souligner que le journal Le Devoir est le seul à avoir pris le temps de couvrir le colloque de la revue À Bàbord. Intitulé La laïcité est dans l’impasse, l’article relate les houleux débats de la journée.

On revient sur la confrontation entre les tenants de la laïcité ouverte et les défenseurs de la laïcité républicaine, ainsi que la discussion qu’il y a eu concernant le cours d’éthique et culture religieuse.

La semaine dernière, à Télé-Québec, les Francs-tireurs nous ont offert une entrevue avec la journaliste et essayiste française, Caroline Fourest.

Femme de conviction, elle a écrit de nombreux livres pour dénoncer l’intégrisme, et ce, de toute religion confondue. Elle a été longtemps associée au magazine Charlie Hebdo. Elle tient un blogue depuis plus de nombreuses années.

L’émission Second Regard de Radio-Canada a diffusé à la mi-janvier un reportage pour faire le bilan de la situation deux ans après le dépôt du rapport Bouchard-Taylor.

En plus de faire des comparaisons entre le Québec et d’autres pays qui nous entourent, on revient sur l’actualité des dernières semaines et des derniers mois. De plus, les auteurs du célèbre rapport nous ont offert leurs impressions concernant la situation actuelle du Québec.

Et pour terminer cette semaine, on ne peut ignorer le débat en France concernant l’interdiction partielle de la burqa.

En conclusion, le débat de la laïcité et des accommodements raisonnables est loin d’être terminé.

29
jan
10

La laïcité, un débat très vivant chez la gauche québécoise

Arrivé en retard, j’ai malheureusement manqué l’ouverture du colloque. Guy Rocher, sociologue, professeur retraité de l’UdeM et l’un des auteurs du Rapport Parent, a, selon ce que l’on m’a raconté, bien délimité les différents paramètres et définitions de la laïcité. En novembre dernier, il a invité le Québec à achever sa laïcisation.

Il se pourrait que son allocution devienne disponible d’ici peu sur You Tube, un participant, Yves, m’a dit qu’il la mettrait en ligne.

Par la suite, j’ai pu écouter Françoise David, la co-cheffe de Québec solidaire, nous lire un long texte où elle a expliqué son cheminement de vie et sa vision de la laïcité.

Selon son point de vue, l’islamisation n’est pas un danger au Québec. Elle prône la recherche d’une culture commune et considère qu’il n’y aura jamais d’unanimité à ce sujet.

Elle ne voit pas pourquoi le fait que des employés de la fonction publique qui donnent leurs opinions sur la politique ou concernant les religions ça puisse créer des malaises. Pour elle, ça n’a pas posé de problème à ce jour et elle n’en envisage pas pour le futur.

De plus, bien que ce colloque soit organisé par la gauche pour la gauche, Mme David a décoché de nombreuses pointes contre la droite tant américaine, canadienne que québécoise. Elle s’est aussi attaquée aux nationalistes et aux blogueurs.

Ce dernier commentaire sur les blogueurs m’a pour le moins surpris puisqu’elle-même tient un blogue depuis avril 2009.

Panel 1 : Quelle Laicité ?

Le premier de trois panels avait comme sujet de discussion les deux types de laïcité qui s’affrontent dans les milieux intellectuels et éducationnels.

Daniel Weinstock, directeur du CRÉUM, a défendu la laïcité ouverte, en gros il s’agit d’une vision qui préfère le statu quo et qui croit que l’on n’a pas besoin de réglementer les accommodements raisonnables.

Pour lui, le Québec a plus à perdre qu’à gagner dans le débat de la laïcité. Il considère qu’il est préférable de faire du cas par cas et qu’un peu de flou donne de la l’attitude aux administrateurs.

De l’autre côté, c’est Daniel Baril, Vice-Président du Mouvement laïque québécois et journaliste à l’hebdomadaire Forum de l’UdeM, qui a défendu l’autre laïcité. Celle qui créé le malaise dans le clan des ouverts et que l’on définit de différentes façons dont la laïcité fermée, sévère ou rigide.

Pour Daniel Baril, la laïcité c’est l’absence de tout signe religieux. Pour répondre aux besoins proscrits par le cours d’éthique et de culture religieuse, l’absence de signe ostentatoire est nécessaire. Il s’agit d’un devoir de réserve.

La laïcité c’est un parti pris pour les droits humains, ce n’est pas neutre. L’État a le droit d’être un leader de modernité.

Par la suite, les participants ont pu réagir au propos de ses deux « spécialistes de la question ». Plusieurs intervenants étaient fort émotifs, mais il n’y a pas eu de débordement particulier.

Je retiens particulièrement les propos de plusieurs militantes de Québec Solidaire qui sont ouvertement contre la position adoptée par leur parti. Par exemple, Lise Boivin nous a dit que QS propose des normes raciales.

De plus, la démissionnaire de Crémazie, Michèle Sirois est venue expliquer vendre pourquoi elle n’aimait pas ce faire traité de laïque rigide par Daniel Weinstock. Celui-ci a été visiblement secoué par la présentation de M. Rocher et il s’est presque excusé d’avoir utilisé un ou des termes qui auraient pu indisposer certaines personnes. Il en a été réduit à parler de laïcité A et B.

Un autre intervenant a brillamment résumé la dichotomie d’association qui est parfois faite par les défenseurs de la laïcité. Selon lui, il est faux de prétendre que croyance religieuse rime avec endoctrinement et que laïcité est liée à l’humanisme.

Panel 2 : Le cours éthique et culture religieuse

Au retour de dîner, nous avons abordé un sujet très d’actualité, le cours d’éthique et culture religieuse (ECR). Les deux belligérants invités par les organisateurs étaient Marie-Michelle Poisson et Louis Rousseau.

Madame Poisson est professeure de philosophe au Collège Ahuntsic et V-P du Mouvement Laïque Québécois. Elle a bien sûr défendu la cause de tous ceux qui voudraient voir ce cours disparaître du corpus scolaire.

D’entrée de jeu, elle nous a révélé qu’au sein du ministère de l’Éducation il y a encore des gens qui défendent ardemment la religion catholique. Malgré l’abolition des cours de catéchèse, il y a toujours en fonction un secrétariat aux affaires religieuses et un comité sur les affaires religieuses.

Selon elle, le cours d’ECR a été formé pour sauver des centaines d’emplois de professeurs de catéchèse et pour éviter que la foi catholique disparaisse complètement du Québec d’ici quelques décennies.

Elle demande l’abolition de ce cours puisqu’auparavant il y avait une option (le cours de morale) et que ce choix a disparu. De plus, elle dénonce l’obligation pour toutes les écoles d’ajouter un service d’animation à la vie spirituelle, pour un coût de 13 millions de dollars.

Sans surprise, elle rêve aussi à l’abolition des deux instances religieuses au MELS.

Elle critique l’absence de la vision laïque dans le cours d’ECR, en contrepartie, la religion à trop d’importance.

De plus, la ou les religions n’ont pas le monopole du sens de la bonté, de la générosité, de l’humilité… tout ça existe aussi dans le monde laïc.

De son côté, monsieur Louis Rousseau, professeur au département de religion de l’UQAM, a été consultant dans l’élaboration de ce cours et l’a évidemment défendu.

Il souhaite que l’on arrête de dire que l’ECR est un cours d’enseignement religieux. Pour lui, il y a une profonde différence entre parler de religion dans un cours et enseigner la religion.

Il considère qu’il y a deux grandes forces qui cohabitent dans le cours d’ECR, l’éthique et la culture religieuse. Pour lui, la laïcité de connaissance ne doit pas déboucher sur une laïcité d’ignorance.

Bien qu’imparfait, il souhaite que l’on donne le temps à ce cours de maturer et de prendre sa place.

Lors de la discussion avec la salle, Mme Sirois a expliqué que ce cours est basé sur des mythologies. Pour elle, la mythologie grecque est aussi valable que celle qui est chrétienne ou encore musulmane.

Un professeur de ce cours à l’école Marguerite-De Lajemmerais (l’école qui a adapté son uniforme au hidjab) est venu nous faire part de son vécu. Pour lui, ce cours crée beaucoup de débats dans sa classe, il y a trop d’espace pour la religion, manque de place pour l’athéisme et il souhaite que ce cours soit amélioré.

Panel 3 : La religion dans l’espace public

Enfin, pour terminer la journée le sujet de la religion a été discuté de façon large par Ruba Gazal, Louise Mailloux et Jean-Marc Larouche.

Militante chez Québec solidaire, résidente de la belle province depuis 22 ans Palestinienne de naissance jusqu’à l’âge de 10 ans, Ruba Ghazal s’est longuement présenté à nous avant de toucher au sujet sensible qu’est le voile islamique.

Pour elle, le débat doit s’adapter au contexte de chaque pays. Le voile serait une obligation selon une majorité de musulmans, il s’agirait d’un aboutissement spirituel.

Son père est bien surpris de la ferveur religieuse de la jeunesse musulmane d’aujourd’hui.

Elle nous a confié que la religion musulmane est devenue une valeur refuge à cause de la souffrance créée par l’oppression de l’occident.

Louise Mailloux est professeure de philosophie au cégep du Vieux-Montréal et est membre du Collectif citoyen pour l’égalité et la laïcité. Elle a fait publier sur vigile.net la présentation qu’elle nous a offerte.

Elle considère que la laïcité ouverte fait entrer par en arrière ce qui a été sorti par en avant. Les fonctionnaires ont un droit de réserve et il se doit d’y avoir une absence de signes religieux.

Elle a clairement questionné comment QS et la Fédération des femmes du Québec peuvent être contre l’obligation du port du voile et contre son l’interdiction en même temps. Pour elle, une telle position abandonne les filles. Il s’agit d’implication uniquement au niveau des idées.

Elle en a même ajouté en déclarant que QS et le PLQ défendent la même position et refusent de mettre leur pied à terre.

Pour terminer, on a pu écouter Jean-Marc Larouche, professeur de sociologie à l’UQÀM. Je ne sais pas si c’est parce que je commençais à être un peu fatigué ou c’est à cause de son ton particulièrement monocorde, mais je n’ai rien retenu de marquant dans ses dix minutes d’intervention. Donc, pas de résumé pour lui !!!

Les intervenants de la salle m’ont heureusement bien réveillé et j’ai retenu les propos d’homme qui nous a dit que ce n’est pas toutes les femmes voilées qui sont intégristes, mais ce sont toutes les femmes intégristes qui sont voilées.

En clair, parmi tous les gens présents dans cette salle pleine plus qu’à sa capacité maximale, tellement que Louise Beaudoin a du passer une partie de l’après-midi assise dans les marches, bien peu se sont lever pour aller dire qu’ils étaient d’accord avec le concept de laïcité ouverte.

Je dirais même que tous ceux qui se sont présentés au micro en affirmant être militants de Québec Solidaire étaient résolument contre la position du statu quo de leur formation politique.

Comme je l’ai entendu de la part d’une solidaire déçue, Québec Solidaire a une épine dans le pied et elle ça s’appelle la laïcité.

Mots de la fin

Pour clore cet instructif colloque, Françoise David s’est dite surprise par l’absence de jeunes et de minorités ethniques, elle croit que si l’événement avait eu lieu dans la fin de semaine, l’assistance aurait été bien différente. Ça ressemblait fortement à un reproche aux baby-boomers solidaires en désaccord avec la position de son parti.

Elle aimerait aussi participer à colloque sur l’importance de l’intégration des immigrants.

Le colloque l’a éclairé, mais elle se pose encore beaucoup de questions. Qu’est-ce que l’on garde et qu’est-ce que l’on jette de notre héritage religieux. Elle est toujours en réflexion face au cours ECR.

Elle croit en l’importance de la culture autochtone. Elle est en accord avec une charte qui confirme la laïcité du Québec. Mais du même souffle, elle nous met en garde sur le choix des mots et leurs limites.

Elle trouve ça correct de se poser la question concernant le port du voile pour fillettes au primaire. Pour elle, la situation actuelle au secondaire peut perdurer.

Sa position est très clairement pro-laicité ouverte.

M. Guy Rocher a débuté son allocation de fin de colloque en relevant le fait que les panélistes ont refusé de poser des questions, une stratégie très utile pour éviter de répondre aux vrais enjeux.

Pour lui, il n’est pas étonné que les femmes soient blessées par la religion et qu’elles craignent autant pour leurs consœurs que l’islamisme puisse leur faire mal.

Il nous a rappelé qu’en 1961 un colloque sur la laïcité dans les écoles a eu lieu et qu’ils y avaient déjà des partisans d’une forme de laïcité dite intégrale. La forme ouverte n’avait pas encore pris forme à l’époque. Mais les intégrales ne sont pas sorties gagnantes face à ceux qui étaient plus modérés.

Contrairement à Daniel Weinstock, il perçoit qu’il y a un important clivage philosophique actuellement. Il ne croit pas au consensus. Il a conclu, sourire en coin, en affirmant qu’il faut se battre dans une mutuelle fraternité.

29
jan
10

Retour sur le colloque Le Québec en quête de laïcité

Après avoir été légèrement paresseux ces derniers jours, je vous présente enfin mon bilan de ma journée au colloque sur la laïcité présenté par la revue À bâbord.

En plus d’avoir passé la journée avec l’un de mes amis qui est militant de Québec Solidaire et que je ne vois pas assez souvent, j’ai pu rencontrer une panoplie de personnes intéressantes et intéressées à jaser avec moi.

De plus, les panélistes et les participants à ce colloque m’ont grandement aidé à mieux formuler ma pensée sur les confrontations à consonances religieuses et sur les accommodements plus ou moins raisonnables.

Donc, en trois billets séparés, voici d’abord mon compte-rendu du colloque Le Québec en quête de laïcité, puis une revue de presse des différents  articles et/ou entrevues concernant la laïcité et les accommodements raisonnables et pour terminer mes commentaires et opinions sur le sujet.




Citation de l’heure

« Saviez-vous que le Québec finance 26 % plus de services qu'en Ontario. Ça représente une somme de 17,5 milliards annuellement ».

- LES COULISSES DU POUVOIR, RADIO-CANADA, 14 MARS 2010

 

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