Archive pour novembre 2009



16
nov
09

Pax Americana ou la venue d’une guerre sans frontière

Pax Americana a été présenté en première mondiale au RIDM. Il s’agit d’un documentaire portant sur la militarisation de l’espace, réalisé par le français Denis Delestrac qui en est rendu à son 9e documentaire depuis 2003. Il a notamment réalisé The Cassandra Syndrome en 2007, un autre documentaire portant aussi sur le même thème que Pax Americana.

Pax AmericanaCe film a été rendu possible grâce à la collaboration de la SRC/CBC  et d’ARTE  France, il sera à l’affiche au mois de mars au cinéma du Parc à Montréal.

La caméra de Deslestrac s’est rendu jusque dans des bases militaires américains et on assiste même à une réunion des plus grosses têtes de l’armée américain concernant la défense de l’espace.

Le film ouvre sur les réactions des médias américains suite à l’envoi d’un missile chinois sur l’un de ses propres satellites. Suite à ce geste, les américains se sont sentis particulièrement vulnérable.

Immédiatement après, on apprend qu’il y a au-dessus de nos têtes approximativement un millier de satellites et que parmi eux, la Chine est propriétaire d’environ 5%, alors que les américains en ont 49% dont plus de la moitié sont destinés à des fins militaires.

On nous explique bien les avantages de la présence de la multitudes de satellites dans l’espace. Du même coup, les conséquences d’un guerre dans l’espace aurait des impacts automatiques dans la vie des occidentaux et de tout ceux qui utilisent le moindre des technologies modernes.

Ce serait très rapidement la fin des cellulaires, des GPS, des bulletins de nouvelles que l’on connaît et même éventuellement la disparition d’internet. De plus, les transport aériens devraient être annulés immédiatement.

Wernher_von_BraunFait surprenant,  on découvre à travers ce film que celui qui a créé le premier missile balistique était un membre de l’armée du IIIe Reich, l’ingénieur Wernher von Braun.

Suite à la fin de la deuxième guerre mondiale, il a été naturalisé américain. Il deviendra l’un des cerveaux du développement du programme de missiles balistiques de la US Army et il deviendra le premier directeur du Centre de Vol spatial Marshall. Il est même devenu directeur-adjoint de la NASA dans les années 70.

Depuis le début des années 80, chacun des Présidents des États-Unis d’Amérique ont investis dans différents programmes visant la militarisation de l’espace.

Que se soit à travers le programme Star Wars de Ronald Reagan, du bouclier antimissile de Georges W Bush et du Defense Missile de Barack Obama, des milliards de dollars ont été investis pour que les américains gardent le contrôle de l’espace.

Dans la dernière partie du documentaire, on aborde les dangers de la présence des déchets en orbite au tour de la terre.

Chaque débris file à une vitesse de 22 000 km/h. Ainsi, le moindre petit objet est une arme qui peut frapper et détruire un satellite.

Une guerre dans l’espace créerait des millions de débris qui détruiraient progressivement chaque satellite. Il serait bien sûr impossible d’aller faire le ménage par la suite.

Selon plusieurs, les dangers d’une guerre dans l’espace entraîne du terrorisme sur la terre et ça augmente les risques d’attaques nucléaire et atomique.

À la fin du film, on sent un double discours, on se question si la militarisation de l’espace est proche et si on peut l’arrêter avant qu’il soit trop tard alors que tout au loin du film on nous donne une multitudes d’arguments nous prouvant que c’est commencé depuis les années 50.

Mon analyse : Il s’agit d’un documentaire d’une grande qualité. La recherche est profonde et l’accès aux bases militaires américaines m’a beaucoup impressionné.

Après le film, nous avons eu droit à un débat animé par Raymond St-Pierre avec le réalisateur, un étudiant au doctorat qui fait une thèse sur la militarisation de l’espace et d’une avocate qui travaille sur des ententes sur le sujet à l’ONU.

Une excellente question a été posée concernant le sérieux de la Chine a vouloir attaquer les États-Unis. Pour les trois panellistes, c’est bien peu probable de part la faible puissance militaire de la Chine et des conséquences directe sur sa propre économie en cas de boycott américain.

Pour ma part, je me suis demandé comment le réalisateur a fait pour tourner de nombreuses scènes dans des bases militaires. J’ai été très surpris d’apprendre qu’il a fait une demande à l’armée américaine et que 4 mois plus tard certaines bases lui était ouvertes.

Raymond St-Pierre, qui a été correspondant à Washington pendant six ans, nous a confirmé que notre voisin est ouvert à montrer ce qui est souvent décrit comme des secrets d’État, les nombreux reportages tournés à la prison de Guantanamo en sont un bel exemple.

Pour le réalisateur, leur ouverture à montrer le développement de leur différents projets provient de la grande fierté qu’ils ont à démontrer leur puissance militaire.

Le film nous permet de prendre conscient du danger qu’il y a, mais aussi des bienfaits des satellites. Comme Denis Delestrac l’a bien expliqué la technologie n’est pas bonne ou mauvaise, c’est l’intention qu’on y met qui fait la différence.

Pour moi, tant qu’il n’y aura pas un pays qui aura de mauvaises intentions, les dangers sont bien relatifs. Par contre, les possibilités que les États-Unis décident de plein gré de retirer leurs satellites militaires de l’espace sont quasi nul. La seul raison serait une très grave crise économique et celle que l’on vit n’a pas fait diminuer les budgets de leur armée.

En terminant, l’avocate a proposé pour les curieux et ceux qui veulent suivre l’évolution de la militarisation de l’espace un site web qui offre des statistiques annuelles sur ce qui se passe dans l’espace.

 

15
nov
09

Jacques Parizeau et Jacques Brassard, deux nouveaux blogueurs

On ne pourra pas dire aujourd’hui que l’utilisation des blogues c’est maintenant dépassé.

Jacques BrassardSuite aux reproches de son employeur, le journal Le Quotidien, concernant un texte qui vilipendait Steven Guilbault, l’ancien ministre péquiste, Jacques Brassard a abandonné son poste de chroniqueur, qu’il occupait depuis six ans.

Depuis ce matin, il a maintenant un blogue, que je ne manquerai pas de suivre régulièrement.

Jacques ParizeauD’autres part, un autre ancien politicien, Jacques Parizeau, la belle-mère en chef du PQ, publiera un nouveau livre demain et du même du coup, il sera aussi derrière son clavier pour parler de la souveraineté celle d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Son blogue, hébergé par son éditeur, sera actif dès demain.

Mon analyse : J’aurais certainement de bonnes discussions avec ces deux personnages hautement politisés.

C’es-tu pas formidable aujourd’hui de pouvoir entrer si facilement en contact avec des gens autrefois bien plus difficile d’accès.

14
nov
09

H2Oil, un film révélateur

Pour mon premier film au RIDM, je suis allé voir H2Oil, un film portant sur les conséquences du développement de l’exploitation des sables bitumineux en Alberta.

H2OilRéalisé par une montréalais, Shannon Walsh et produit par une boîte situé sur la rue St-Viateur, Loaded Pictures, ce film a été présenté en première au HotDocs de Toronto en mai dernier. Il y a été bien accueilli.

Le documentaire met l’emphase particulièrement sur la situation de la communauté autochtone de Fort Chipewyan situé  au Nord de l’Alberta tout près de la rivière l’Athabasca.

Cette communauté est situé aussi à 250 km en aval des installations de traitements des sables bitumineux. Le médecin de Fort Chipewyan, Dr John O’connor a recensé un nombre beaucoup plus élévé de cancer du colon, de la prostate et des poumons.

Suite à sa demande d’enquête, Santé Canada a choisi de porter plainte contre lui. Bien qu’on le voit pratiquer dans le film, selon CBC news, il aurait quitté l’Alberta il y a quelques années  et il pratique maintenant la médecine en Nouvelle-Écosse.

Le film nous montre aussi que la compagnie Suncor a fait des évaluations qui reconnaissent qu’elle a déversée des produits toxiques dans la rivière, tel que du mercure, de l’arsenic et du HAC. Le gouvernement provincial le reconnaît aussi mais dans une mesure beaucoup plus faible.

La réalisatrice s’attarde aussi à l’histoire de propriétaires d’une entreprise d’eau embouteillés située dans les rocheuses. Curieusement, suite à l’installation d’une plate-forme de forage pour le traitement des sables bitumineux, la source d’eau provenant d’un glacier s’est tarie brutalement. Les nombreux appels aux autorités de ses jeunes gens d’affaires n’ont donnés aucun résultat.

Le documentaire nous permet aussi de suivre la campagne électorale d’Allan Adam, qui désire devenir le chef de la communauté autochtone de Fort Chipewyan. Il a fait campagne en disant qu’il va combattre les industriels qui polluent leur environnement.

Il gagnera ses élections et il entreprend des démarches infructueuses avec le gouvernement de l’Alberta, puis du Canada et finalement à l’ONU lors de la Conférence mondiale des populations autochtones.

H2Oil_logoFait très intéressant, le film nous offre quelques animations très bien réussi qui nous explique rapidement et clairement certains procédés qui aurait facilement été beaucoup plus laborieux. On nous explique comment ce fait l’extraction des sables bitumineux, que ça prend 4 barils d’eau d’eau douce pour produire un baril de pétrole et les conséquences de l’entente du NAFTA sur la sécurité énergétique des États-Unis d’Amérique.

Mon analyse : J’ai bien aimé ce documentaire résolument anti-sable bitumineux.

Malheureusement, un problème technique est survenu à la toute fin du film et nous n’avons pu voir les dernières minutes du documentaire. Par contre, il sera présenté au cinéma parallèle à partir du 4 décembre et par la suite, il sera diffusé à Télé-Québec.

J’ai particulièrement été impressionné par les images aériennes qui nous montre l’évolution du paysages près des opérations d’extractions des sables bitumineux.

Selon le film, les terrains où sont fait l’extraction sont des régions nordiques de l’Alberta qui étaient recouvert de forêt boréal. Pour être en mesure de récupérer le bitume dans le sol, les entreprises doivent creusées jusqu’à des profondeur de 100 mètres dans le sol. Ces images sont très fortes.

Je suis bien conscient du manque de temps d’un documentaire et de la difficulté de ne pas aborder de nombreux dossiers. Mais j’aurais aimé connaître ce que proposait les adversaires d’Allan Adam lors de son élection pour être chef de bande.

Il est aussi assez ironique de regarder un gars qui veut combattre les industries pétro-chimique continuellement entrain de se balader dans un énorme pick-up.

Heather KennedyOn aurait aussi pu approfondir les accusations  porté contre la sous-ministre-adjoint au Oil Sands Secratariat du gouvernement de l’Alberta, la montréalaise Heather Kennedy.

Il y a aussi un élément central qui a été ignoré dans ce film. Ce n’est pas tellement surprenant mais je me serai au moins attendu que l’on mentionne que les sables bitumineux ont permis à l’Alberta de créer le fond Héritage, de rembourser tous ses dettes, de ne plus faire de déficit, de verser plus de 10 milliards de dollars cette année aux autres provinces par le truchement de la péréquation.

Dans le même sens, le Québec recevra plus de 8 milliards de dollars en 2009 provenant du programme de péréquation. Ça représente environ le tiers du budget de la santé !!!

Certes, on peut ne pas apprécier la pollution qui se dégage de l’exploitation des sables bitumineux, mais on doit aussi être conscient des retombées économique au Québec.

Vers la fin du film, on a pu entendre un vieux sage autochtone dire que l’industrie fera l’exploitation des sables bitumineux jusqu’à l’extinction des ressources que ça prennent 200 ou 300 ans.

Je suis parfaitement d’accord avec lui. C’est évidement bien triste pour les gens de Fort Chipewyan,  mais la seule solution qu’ils peuvent espérer c’est une compensation financière.

13
nov
09

Les Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal

RIDMDans les prochaines jours, je serai particulièrement occupé à visionner de nombreux films aux Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal.

J’ai sélectionné plus d’une vingtaine de films qui m’intéressent. Je sais pas si je vais avoir le temps d’écrire un billet sur chacun de ses documentaires, mais j’aurai probablement pas le temps d’écrire sur d’autres sujets !!!

Pour les intéressés au RIDM, vous retrouverez la programmation ici.

 

12
nov
09

Les vins du Québec défendus par l’épicerie

l'epicerieL’excellente émission L’épicerie de Radio-Canada nous a offert mercredi une émission dédiée uniquement aux vins du Québec.

Étant un amateur de vin et surtout parce que je suis un adepte des événements pour épicuriens des produits du Québec (la fête des vendanges de Magog-Oxford, le festival des vins de Terrebonne, le mondial de la bière à Montréal, la Fête Bière et Saveurs de Chambly, les Fêtes Gourmandes de Lanaudière, le Mondial des Cidres de Glaces de Rougemont, le festival des Fromages de Warwick, le salon Vins et Fromages du Québec, la foire Vin, Fromage et Saveur du Terroir de St-Jérôme et j’en oublie sûrement), j’ai écouté cette émission avec une attention particulière.

Bouteille de vinOn y apprend que le Québec compte maintenant 80 vignobles et produit 1 million et demi de bouteilles chaque année. Malheureusement, présentement la SAQ n’est pas un très bon vendeur pour ces vins bien de chez-nous, ça représente moins de 1% de ses ventes. Ce n’est que 110 000 bouteilles qui y sont vendus, c’est uniquement 7 % de la production totale. Le reste des vins du Québec est vendu dans les vignobles, dans les restaurants où à l’étranger.

lcboEn comparaison, en Ontario, la LCBO, qui a un site en français soit-dit en passant, a un tout autre ratio. Les vins ontariens représentent rien de moins que 35% de ses ventes annuelles.

La différence n’est pas importante, elle est titanesque !!!

Imaginez un instant si la SAQ vendait des vins du Québec pour seulement 10% de son chiffre d’affaire ? Les vignobles québécois devraient considérablement augmenter leur production ou bien modifier leur système de distribution.

Mon analyse : Pour moi, les vins du Québec sont continuellement une source de découvertes.

À chaque année, nous allons visiter un ou deux vignobles (voir la route des vins et l’Association des vignerons du Québec pour les intéressés) et nous en dégustons de nombreux lors des différents événements que j’ai nommé plus haut.

Résidant pas très loin de la Maison des Saveurs au Marché Jean-Talon, ça fait bien longtemps que j’ai pris l’habitude d’y aller au lieu de rendre à la SAQ pour acheter un vin du Québec.

saqPar contre, dorénavant, à chaque fois que j’irai à la SAQ je vais poser des questions sur les vins québécois. Si de plus en plus de consommateurs en demande, la SAQ s’adaptera de plus en plus vite.

Certes, il y a eu des efforts de fait depuis huit ans, mais il y a encore beaucoup de place à l’amélioration.

Pour les gens qui doute de la qualité des vins du Québec, je vous invite à aller à l’un des événements cités plus haut, on s’en reparlera après.




Citation de l’heure

« Saviez-vous que le Québec finance 26 % plus de services qu'en Ontario. Ça représente une somme de 17,5 milliards annuellement ».

- LES COULISSES DU POUVOIR, RADIO-CANADA, 14 MARS 2010

 

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