Pax Americana a été présenté en première mondiale au RIDM. Il s’agit d’un documentaire portant sur la militarisation de l’espace, réalisé par le français Denis Delestrac qui en est rendu à son 9e documentaire depuis 2003. Il a notamment réalisé The Cassandra Syndrome en 2007, un autre documentaire portant aussi sur le même thème que Pax Americana.
Ce film a été rendu possible grâce à la collaboration de la SRC/CBC et d’ARTE France, il sera à l’affiche au mois de mars au cinéma du Parc à Montréal.
La caméra de Deslestrac s’est rendu jusque dans des bases militaires américains et on assiste même à une réunion des plus grosses têtes de l’armée américain concernant la défense de l’espace.
Le film ouvre sur les réactions des médias américains suite à l’envoi d’un missile chinois sur l’un de ses propres satellites. Suite à ce geste, les américains se sont sentis particulièrement vulnérable.
Immédiatement après, on apprend qu’il y a au-dessus de nos têtes approximativement un millier de satellites et que parmi eux, la Chine est propriétaire d’environ 5%, alors que les américains en ont 49% dont plus de la moitié sont destinés à des fins militaires.
On nous explique bien les avantages de la présence de la multitudes de satellites dans l’espace. Du même coup, les conséquences d’un guerre dans l’espace aurait des impacts automatiques dans la vie des occidentaux et de tout ceux qui utilisent le moindre des technologies modernes.
Ce serait très rapidement la fin des cellulaires, des GPS, des bulletins de nouvelles que l’on connaît et même éventuellement la disparition d’internet. De plus, les transport aériens devraient être annulés immédiatement.
Fait surprenant, on découvre à travers ce film que celui qui a créé le premier missile balistique était un membre de l’armée du IIIe Reich, l’ingénieur Wernher von Braun.
Suite à la fin de la deuxième guerre mondiale, il a été naturalisé américain. Il deviendra l’un des cerveaux du développement du programme de missiles balistiques de la US Army et il deviendra le premier directeur du Centre de Vol spatial Marshall. Il est même devenu directeur-adjoint de la NASA dans les années 70.
Depuis le début des années 80, chacun des Présidents des États-Unis d’Amérique ont investis dans différents programmes visant la militarisation de l’espace.
Que se soit à travers le programme Star Wars de Ronald Reagan, du bouclier antimissile de Georges W Bush et du Defense Missile de Barack Obama, des milliards de dollars ont été investis pour que les américains gardent le contrôle de l’espace.
Dans la dernière partie du documentaire, on aborde les dangers de la présence des déchets en orbite au tour de la terre.
Chaque débris file à une vitesse de 22 000 km/h. Ainsi, le moindre petit objet est une arme qui peut frapper et détruire un satellite.
Une guerre dans l’espace créerait des millions de débris qui détruiraient progressivement chaque satellite. Il serait bien sûr impossible d’aller faire le ménage par la suite.
Selon plusieurs, les dangers d’une guerre dans l’espace entraîne du terrorisme sur la terre et ça augmente les risques d’attaques nucléaire et atomique.
À la fin du film, on sent un double discours, on se question si la militarisation de l’espace est proche et si on peut l’arrêter avant qu’il soit trop tard alors que tout au loin du film on nous donne une multitudes d’arguments nous prouvant que c’est commencé depuis les années 50.
Mon analyse : Il s’agit d’un documentaire d’une grande qualité. La recherche est profonde et l’accès aux bases militaires américaines m’a beaucoup impressionné.
Après le film, nous avons eu droit à un débat animé par Raymond St-Pierre avec le réalisateur, un étudiant au doctorat qui fait une thèse sur la militarisation de l’espace et d’une avocate qui travaille sur des ententes sur le sujet à l’ONU.
Une excellente question a été posée concernant le sérieux de la Chine a vouloir attaquer les États-Unis. Pour les trois panellistes, c’est bien peu probable de part la faible puissance militaire de la Chine et des conséquences directe sur sa propre économie en cas de boycott américain.
Pour ma part, je me suis demandé comment le réalisateur a fait pour tourner de nombreuses scènes dans des bases militaires. J’ai été très surpris d’apprendre qu’il a fait une demande à l’armée américaine et que 4 mois plus tard certaines bases lui était ouvertes.
Raymond St-Pierre, qui a été correspondant à Washington pendant six ans, nous a confirmé que notre voisin est ouvert à montrer ce qui est souvent décrit comme des secrets d’État, les nombreux reportages tournés à la prison de Guantanamo en sont un bel exemple.
Pour le réalisateur, leur ouverture à montrer le développement de leur différents projets provient de la grande fierté qu’ils ont à démontrer leur puissance militaire.
Le film nous permet de prendre conscient du danger qu’il y a, mais aussi des bienfaits des satellites. Comme Denis Delestrac l’a bien expliqué la technologie n’est pas bonne ou mauvaise, c’est l’intention qu’on y met qui fait la différence.
Pour moi, tant qu’il n’y aura pas un pays qui aura de mauvaises intentions, les dangers sont bien relatifs. Par contre, les possibilités que les États-Unis décident de plein gré de retirer leurs satellites militaires de l’espace sont quasi nul. La seul raison serait une très grave crise économique et celle que l’on vit n’a pas fait diminuer les budgets de leur armée.
En terminant, l’avocate a proposé pour les curieux et ceux qui veulent suivre l’évolution de la militarisation de l’espace un site web qui offre des statistiques annuelles sur ce qui se passe dans l’espace.

Attention “Pax Americana” sera diffusé sur ARTE, mardi 2 mars à 20.35.
A bientôt sur ARTE