Dans le courant de l’été, j’ai été un peu surpris de constater que certains élus au conseil de ville de Montréal ont décidés de changer d’arrondissement à l’approche de l’élection municipale.
Suite à de longues recherches, j’ai découvert une liste assez impressionnante de candidats, présentés par leur parti comme des vedettes, qui n’habitent pas dans le même arrondissement où ils veulent être élus.
En générale, au municipale les candidats sont proches de leurs électeurs et très majoritairement, ils habitent dans le même quartier. Ce n’est pas tellement surprenant que l’accessibilité à notre conseiller d’arrondissement soit plus grande que celle par exemple de notre député au fédéral.
Il semble bien qu’à Montréal certains candidats ne trouvent pas que c’est si important que ça et que de plus en plus de candidats préfèrent choisir un autre endroit que celui qu’ils résident.
La liste qui suit comporte certaines surprises mais d’autres n’étonnera personne. Même que c’est parfois les médias qui m’ont informés du lieu de résidence de certains candidats.
Tout d’abord, Helen Fotopoulos l’actuelle mairesse du Plateau Mont-Royal pour Union Montréal a préféré devenir candidate comme conseillère de ville dans le district de Côte-des-Neiges dans l’arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce.
Marcel Tremblay, le frère du maire, est présentement conseiller dans le district de Notre-Dame-de-Grâce, il se présente pour devenir le nouveau maire de l’arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension. Contrairement à madame Fotopoulos, il n’habite pas son nouvel arrondissement d’adoption.
L’ancien député péquiste de Rouyn-Noranda–Témiscamingue de 1989 à 2003, Rémy Trudel est candidat pour Vision Montréal à titre de conseiller de ville dans le district Étienne-Desmarteau dans l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, il est un électeur du district de Sault-au-Récollet dans le quartier Ahuntsic.
Toujours dans Rosemont, le nouveau no 2 de Louise Harel et ex-président de la SODEC, Pierre Lampron est candidat de VM au poste de conseiller de ville dans le district du Vieux-Rosemont. Il ne pourra voter pour lui-même puisqu’il réside à Outremont.
L’ancienne présidente d’Union Montréal, Brenda Paris est maintenant candidate pour Vision Montréal. Elle souhaite devenir la nouvelle mairesse de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce. Par contre, elle habite dans le district de Saint-Henri—Petite-Bourgogne—Pointe-Saint-Charles dans l’arrondissement du Sud-Ouest.
Chez Union Montréal, l’ancien directeur du bureau de comté de la ministre Lyne Beauchamp et policier retraité, Gilles Deguire, est candidat à la mairie de Montréal-Nord. Certes, il connaît très bien ce coin, mais il préfère résider dans le beaucoup plus tranquille district de la Pointe-aux-Prairies dans Rivières-des-Prairies.
L’ancienne députée libéral de Mercier, Nathalie Rochefort est candidate comme conseillère de ville dans le district de Jeanne-Mance sur le Plateau pour VM. Elle qui habitait à Laval au moment où elle a été élue députée, elle vit maintenant dans le district Saint-Jacques dans le quartier gai.
Un autre transfuge, François Purcell est passé de conseiller de ville dans le district de Saint-Édouard dans Rosemont à candidat à la mairie d’Ahuntsic-Cartierville. Élu sous la bannière de Vision Montréal en 1998, 2001 et 2005, il a remplacé Pierre Bourque à titre de chef de ce parti. Depuis juin dernier, il a rejoint l’équipe du maire Tremblay.
Toujours dans le même arrondissement, Diane Lemieux, la no 2 de Gérald Tremblay, elle qui a été ministre péquiste sous Lucien Bouchard et Bernard Landry et bien sûr députée de Bourget de 1998 à 2007, est candidate à titre de conseillère de ville dans le district d’Ahuntsic.
Contrairement à son collègue Purcell qui avait déjà emménagé dans Ahuntsic il y a plusieurs années, Diane Lemieux réside dans le district de Côte-de-Liesse dans ce qui est encore appelé par plusieurs ville St-Laurent.
Mon analyse : Ça fait beaucoup de gens qui préfèrent se présenter ailleurs que dans leur coin !!!
Bien sûr, ce n’est pas tous ces gens qui seront élus, mais je trouve que ça démontre qu’être un élu à la ville de Montréal c’est rendu assez semblable que d’être élu au provincial ou au fédéral.
Les élus deviennent de plus en plus loin de la population. Ça peut peut-être un peu expliquer le désabusement des gens. Bien sûr, c’est important l’expérience mais c’est aussi important d’être proche de ses concitoyens.
Certains candidats à la mairie souhaite diminuer le nombre de conseillers, est-ce que ça rapprochera réellement la population de ses élus, j’en doute un peu.
Pour ceux qui se demandent pourquoi il y a que des gens de Vision ou d’Union Montréal, c’est simplement parce que j’ai pas trouvé de candidats d’importance chez Projet Montréal qui habitaient ailleurs que dans l’arrondissement où ils se présentent.

En tant que candidat conseiller d’arrondissement de Norman-McLaren Projet Montréal (ex-Ville St-Laurent, la partie est moins nantie – alors que Côte-de-Liesse est la partie ouest plus nantie), j’ai quasiment passé toute ma courte vie de 21 ans à Ville St-Laurent, j’ai vu la ville se faire annexer, évoluer au fil du temps, construire de nouveaux quartiers, changer démographiquement, j’ai eu mes premiers emplois, j’ai fréquenté l’école primaire publique du quartier… bref c’est une grande partie de ma vie. Les rares fois où des candidats de Projet Montréal qui se présentent ailleurs que leur arrondissement de résidence, c’est parce qu’il faut admettre que c’était pas facile de trouver des candidats dans la centaine de district en début de campagne, surtout quand on sort des quartiers centraux. Il a donc fallu parachuter certaines personnes, ce que tous les partis font. Cependant, comme tu l’as noté, les autres partis n’hésitent pas à envoyer des candidats vedettes qui ne sont pas résidents de l’endroit qu’ils briguent. Mais partout, il y a toujours au moins un candidat qui réside là où il se présente.
Tu sais, c’est pas pareil quand on connaît les rues, les parcs, les lieux de rencontre, qu’on connaît pas mal de gens, il y a comme une connexion qui se fait mieux. Mon adversaire de Union Montréal dans le district, pas directement contre moi (conseiller de ville lui), a été propriétaire d’une station-service Ultramar pendant plus d’une décennie à Ville Saint-Laurent. Les gens se rappellent avoir fait le plein chez lui. C’est bien beau le programme, le chef, mais parfois, savoir que le candidat connaît la réalité de ses concitoyens le rend définitivement davantage à l’écoute.