Archive pour septembre 2009



16
sept
09

Champion, le film

Dans le cadre du Festival du film sur la boxe, hier soir, je suis allé voir le film Champion réalisé par le coréen Kwak Kyung-taek.

Il s’agit d’un long métrage sur la vie et la carrière d’un boxeur coréen, Kim Duk-Koo, qui a fait carrière à la fin des années 70 et au début des années 80. Il était un boxeur passionné, courageux et tenace un peu comme Arturo Gatti l’a été.

championJ’ai bien aimé découvrir son cheminement avant de devenir boxeur. C’est un peu stéréotypé mais il semble que partout dans le monde, les jeunes qui sont pauvres et sans avenir peuvent s’entraîner avec acharnement et gravir les échelons de la boxe pour obtenir richesse et gloire.

L’art de pratiquer la boxe en Corée est très semblable à ce qui ce fait en Amérique. Disciple, rigueur et entraînements réguliers forment les champions.

Kim Duk-Koo a boxé professionnellement de 1978 à 1982, il a gravi les marches pour obtenir une chance en championnat du monde en devenant Champion de Corée puis Champion de l’Orient-Pacifique.

En novembre 1982, il obtient sa chance et il affronte le champion WBA des poids légers, Ray boom boom Mancini au Caesars Palace à Las Vegas.

Considérant que nous étions même pas dix dans la salle et qu’il ne sera pas présenté à nouveau, je me permets de vous révéler comment ça fini.

Dans un combat captivant de 15 rounds, les deux pugilistes se frappent sans relâche. À la fin du 14e round, Kim s’écroule après un puissant crochet de droit de Mancini. Sa tête cognera solidement le sol du ring et il fera une commotion cérébrale. Quatre jours plus tard, il décède.

sport illustratedLa fin tragique de ce combat a profondément changé la boxe. La WBC a fait passer ses combats de championnats du monde de 15 à 12 rounds. De plus, la célèbre revue Sport Illustrated en a fait la une de son édition du 22 novembre 1982.

Le film, en version original sous-titré en français, est très bien fait et les simulations de combats sont très crédibles. Par contre, il manque d’explication à la fin du film. Par exemple, c’est dans mes recherches après le visionnement que j’ai découvert que c’est ce combat qui a fait passer les combats de 15 à 12 rounds. J’aurais aussi aimé savoir à quel point les coréens se souviennent de lui.

Ce n’est pas le premier ni le dernier boxeur qui sort en civière ou qui perd la vie suite à un combat de boxe, mais j’ai beaucoup aimé découvrir la similitude de la vie des boxeurs partout sur la terre. La boxe est un sport dangereux mais si spectaculaire.

En terminant, il semble que ce festival du film sur la boxe aura connu bien peu de succès. Même la présentation de La boxe tout un combat ! a attiré peu de spectateurs. Considérant le faible répertoire de films sur le sujet, on peut présumer qu’il n’y aura malheureusement pas de suite.

Pour les intéressés, voici la fin du combat entre Mancini et Kim.

14
sept
09

Luck Mervil et ses multiples déclarations incendiaires

Depuis quelques années, Luck Mervil semble prendre un malin plaisir à faire des déclarations chocs.

J’ai été surpris à plusieurs occasions par ses différentes prises de positions. Suite à l’histoire du manifeste du FLQ, j’ai fait une petite recherche assez intéressante. Voici une liste de différentes déclarations passées de Luck Mervil :

Tout d’abord, il n’a pas été seulement le lecteur du manifeste du FLQ lors du Moulin à Parole qui aura finalement attiré 1500 personnes selon l’un des organisateurs Pierre Laval-Pineault et légèrement un peu plus d’un millier selon le journal Le Devoir.

Luck Mervil et le manifesteIl s’est permis de déformer la réalité en affirmant que «C’était le manifeste de travailleurs en colère qui en avaient assez de se faire manger la laine sur le dos, qui en avaient assez que ce soit toujours les mêmes personnes qui profitent des richesses. Cependant, dès qu’il y a eu les bombes, dès qu’il y a eu mort d’homme, ces gens qui avaient applaudi ont dit non, car, ici, on fait des révolutions tranquilles, on ne tue pas les gens».

Le FLQ a commencé à installer et à faire exploser des dizaines de bombes en 1963, comme le confirme le site de l’historique du Front de libération du Québec. J’ai bien de la misère à comprendre comment Luck Mervil peut affirmer que des travailleurs applaudissaient le manifeste du FLQ et qu’ils se sont tus dès qu’il y a eu les bombes alors qu’elles ont commencées à exploser sept ans plus tôt.

De plus, la simple lecture de ce texte ne fut pas assez pour lui puisqu’il a en rajouté la veille en déclarant qu’il n’hésiterait pas à lire un texte d’Adolf Hitler en Allemagne ou un document du Ku Klux Klan aux Etats-Unis.

Remontons un peu dans le passé et rappelons-nous qu’il a refusé l’invitation de Michaëlle Jean lors de la cérémonie d’assermentation de la première gouverneure générale canadienne d’origine haïtienne. Il s’explique en affirmant : «Eux voulaient que je performe aussi. Je leur ai dit “Je peux être là, mais je ne veux pas nécessairement performer.’’» Il se permettra quand même de dire que Michaëlle Jean est son amie!

Il est surprenant de constater qu’il refuse l’invitation d’une amie pour un événement aussi important alors quand 1997 il a participé à la Fête du Canada à Ottawa, comme la biographie de son propre site nous le rappelle.

Autre exemple de double discours de sa part, en juin 2003, il est nommé le porte-parole des célébrations de la Fête nationale. Il est honoré et déclare : «On a un grand pas de fait au Québec à cet égard [le racisme]. En visitant le Québec ce dernier mois, on m’a dit à plusieurs reprises que j’étais un exemple pour les enfants. Cela aurait été impossible il n’y a pas si longtemps.»

15juin06 Luck MervilEn juin 2006, dans le journal L’itinéraire, il déclare que «La société québécoise est raciste. Pour un même boulot, un Québécois à la peau blanche qui n’a pas terminé son secondaire a plus de chances de décrocher l’emploi qu’un Noir qui a une maîtrise…». La provenance de cette statistique est encore à ce jour inconnu, mais il est évident que ce n’était pas ce qu’il pensait trois ans plus tôt.

Dans le même sujet, Luck Mervil est invité à l’émission Tout le monde en parle en octobre 2005 pour réagir aux commentaires du doc Mailloux qui affirme qu’il existe des études sur le «quotient intellectuel plus faible des Noirs». Luck Mervil le traitera à cette occasion d’«idiot de con» et il affirmera «parfois je suis menacé au gun» parce qu’il serait noir. Par contre, il semble que Luck Mervil n’est pas porté plainte à la police par la suite.

André Bisclair et Luck MervilAu niveau politique, Luck Mervil nous aura aussi démontré une belle capacité de se réorienter de la droite vers la gauche. Lui qui a appuyé l’ancien toxicomane André Boisclair, au point d’être le maître de cérémonie du lancement de sa campagne lors de sa course à la chefferie en 2005, puis, moins d’un an et demi plus tard, il choisit le camp de Françoise David.

En parlant de politique, en mars 2006, Luck Mervil est invité à écrire la Dictée des Amériques, il en profite pour donner son opinion sur le monde de l’éducation. «Quand tu veux qu’un peuple reste dépendant, il faut l’abrutir.», en plus d’ajouter qu’ «Eux [les libéraux], ils ont triché. Ils sont au pouvoir et ils frappent là où ça fait mal. On devient des Américains

Luck Mervil et Francoise DavidLe ministre de l’éducation de l’époque, Jean-Marc Fournier, le corrigera par une lettre ouverte qui explique que c’est le PQ qui a coupé 1000 postes de professionnels auprès des enfants en difficulté.

Il n’aura pas égratigné seulement le PLQ, puisque suite à sa nomination à titre de Patriote de l’année par la Société Saint-Jean-Baptiste il contestera publique le leadership de Bernard Landry alors premier ministre désigné et chef du PQ. «Je ne pense pas que M. Landry soit au diapason de ce qui se passe au Québec».

Pour lui, le leader que le PQ avait besoin c’était André Boisclair, un homme qui avouera par la suite avoir consommé de la cocaïne en même temps qu’il était ministre : «Même M. Landry serait d’accord avec moi, M. Boisclair est capable de parler avec sincérité. À l’Immigration comme à l’Environnement, il a fait un travail important. Il a toujours su comprendre ce qui se passait dans la population» affirmera Luck Mervil.

En juin 2008, à l’approche de l’élection américaine de l’an dernier, il déclare que «Barack Obama est en ce moment l’homme le plus dangereux des Etats-Unis, s’il reçoit une balle, ce sera la guerre civile». La présidence de Barak Obama n’a toujours pas été marquée par une tentative de meurtre mais plutôt par la chute de ses appuis populaire à moins de 50 %.

Luck Mervil 400eEncore l’été dernier, le 3 juillet 2008, lors de la commémoration de la fondation de la ville de Québec, il organise et anime une fête citoyenne, qui regroupera environ 200 manifestants, parce que son groupe, commémoration 1608-2008, estime que l’histoire de la francophonie et le drapeau fleur de lysée sont trop absent de la fête et reproche au gouvernement fédéral sa trop grande implication financière.

Au même moment, Luck Mervil nous offrira une autre sortie dont il a le secret lors du défilé militaire, plus de 2000 civils et militaires y participeront, pour commémorer le 400e anniversaire de la ville de Québec. «Ce défilé est un affront. Les Québécois sont contre la guerre que mène l’armée canadienne en Afghanistan. Ce n’est pas notre guerre», affirmera Luck Mervil.

De plus, pour expliquer le support de la population de la région de Québec à la présence de l’armée en Afghanistan, il ajoutera «C’est comme aux États-Unis : ce sont les moins bien nantis qui vont dans l’armée. Ils y vont pour avoir une job. C’est par obligation et non par choix.». À ce jour, aucune preuve n’a été présentée pour démontrer que les gens qui choisissent de faire carrière dans l’armée canadienne sont incapables de se trouver un emploi ailleurs.

L’événement de la mi-août de Montréal-Nord lui permettra aussi de faire connaître ses diverses opinions. Suite à la fin tragique de cet événement, Luck Mervil y est allé de ses explications : «C’est inacceptable, c’est dégueulasse, ce qui est arrivé, mais il y a eu une étincelle à tout ça…». Il voulait probablement parler de la résistance de Dany Villanueva à son arrestation ou à la présence de Freddy à moins de 6 pouces du revolver du policier Jean-Loup Lapointe.

En août dernier, lors du Hoodstock, organisé pour célébrer le 1er anniversaire de la mort de Freddy Villanueva, il récidive en déclarant que le spectacle est «une étincelle pour souder la population». Avec seulement une centaine de spectateurs, ce spectacle aura obtenu une couverture médiatique bien supérieure à l’intérêt que la population de Montréal-Nord lui aura accordé.

Finalement, il démontrera une attitude fort différente à ses précédentes déclarations lors de la première de l’émission Le 3950 à TV5 en octobre 2007. Dans le rôle de l’animateur, Luck Mervil ne trouvera pas la force d’imposer ses propres règles aux six invités alors que l’émission est tournée dans sa propre salle à manger.

Rappelons-nous, que lui et ses cinq invités (Me Julius Grey et sa femme avocate Lynne Casgrain, la nièce de Thérèse Casgrain, le député-curé Raymond Gravel, le chef autochtone Max Gros-Louis et un sikh québécois de souche nommé Shabad Saroop Singh Khalsa) ont dû aller dans la cuisine pour boire du vin au lieu d’affronter l’Iman Saïd Jaziri qui a déclaré en ouverture de repas qu’il ne peut, pour des raisons religieuses, se trouver dans une pièce où l’on boit de l’alcool.

L’émission sera commenté par plusieurs comme un accommodement déraisonnable. Michel Vastel et Joseph Facal parleront de dîner de cons, Louise Cousineau parlera d’accommodements capiteux (ce qui signifie un accommodement qui donne mal à la tête).

Ma race est la meilleurMon analyse : Tout ces différents événements me donnent l’impression que Luck Mervil aime beaucoup donner son opinion. Sur le coup ça parait bien mais l’histoire prouve qu’il est capable de dire une chose et son contraire pas très longtemps après.

Il m’a prouvé cette impression en fin de semaine alors qu’il était présent à l’émission La Joute à Télé-Québec. Dans le débat concernant la loi sur le bruit qui a été adopté à Granby, il commence par dire que l’on doit faire confiance au bon sens des gens, mais il finira par déclarer qu ‘il n’est pas contre une loi pour régir le bruit.

Luck Mervil a publié un livre l’an dernier qui dit que sa race est la meilleure.   Il l’a décrit comme «entière, bruyante, intolérante, érudite et ignorante, puissante et faible, grandiose et destructive», une belle démonstration de sa capacité de dire encore une fois une chose et son controverse.

Je trouve que Luck Mervil devrait un peu plus réfléchir avant de faire ses prochaines déclarations. À force de se contredire, il perd de la crédibilité un peu plus à chaque occasion.

Bien qu’il soit très présent médiatiquement on peut noter qu’il est loin d’attirer les foules lors des différents événements rattachés à sa présence. Par exemple, en août à Montréal-Nord, il n’y avait qu’une centaine de spectateurs, à Québec le 3 juillet 2008, seulement 200 manifestants l’écoutaient.

Évidemment comme un peu tout le monde, je ne suis pas toujours d’accord avec lui puisqu’il se contredit lui-même.

En terminant, son manque de détermination lors de la première de l’émission Le 3950 me laisse croire qu’il est meilleur pour parler que pour agir.

Comme mon père me le disait quand j’étais plus jeune, un chien qui aboie, mord pas fort. Et avant que l’on m’accuse de traiter Luck Mervil de chien, j’ai trouvé une autre expression qui dit Ce n’est pas celui qui crie qui est le plus fort.

Luck et TanyaMise-à-jour : Le blogue Bleu Québec nous révèle que la conjointe de Luck Mervil, Tanya Kontoyanni, est aussi capable de faire des déclarations à l’emporte pièce.

Elle déclare : « Il ne faut pas renier le manifeste. Qu’on soit d’accord ou non, notre société l’a porté et il a existé. Il fait partie de notre identité. »

Certains anglophones pourraient déclarer exactement la même chose concernant le rapport Durham écrit au lendemain de la rébellion des Patriotes.

Dans les deux cas, on peut dire que ce genre de déclaration favorise beaucoup plus la discorde que l’union des citoyens pour le bien commun.

11
sept
09

Le moulin à paroles à court d’argent

Le 31 juillet dernier, lors du dévoilement du projet du moulin à paroles, le communiqué de l’organisation parlait que c’est né d’un désir de faire entendre ces voix qui sont les nôtres depuis plus de quatre siècles. Ces voix, multiples, parfois contradictoires et de toutes provenances, ont forgé l’histoire de ce pays…

Donc on pouvait croire que malgré que ce soit co-organisé par deux membres des Loco Locass, Sébastien Ricard et Biz, le projet serait neutre et sans affiliation. En fouillant un peu, j’ai retrouvé un article le même jour dans le Devoir qui donne un autre côté de la médaille.

On peut y lire un paragraphe qui laisse aucun doute :  Sans jamais faire référence aux fêtes du 400e ou au projet de reconstitution de la bataille des Plaines, ces derniers déplorent implicitement la dépolitisation des célébrations de 2008 et cherchent visiblement à leur donner une couleur nationaliste qu’elles n’avaient pas.

bandeau_moulinOn peut penser que la demande de subvention ne mentionnait pas ce genre d’élément. Lors de la publication de la liste des lecteurs, il est devenu évident que ce serait une fête entre amis souverainistes.

La réaction du maire de Québec Régis Labeaume et du ministre Sam Hamad a été exagéré, mais le fond du problème est que cette fête ne rassemble pas du tout des voix multiples, parfois contradictoires et de toutes provenances.

Outre Benoît Bouchard, je n’ai pas pu trouver d’autres fédéralistes. Et de plus, selon Jean Lapierre, la présence de l’ancien député conservateur serait dû à la participation de son fils dans l’organisation de l’événement.

Mon analyse : L’absence de financement a ameuté plusieurs organisations  pro-indépendantistes comme le Mouvement Montréal Français,  la Société Saint-Jean-Baptiste, Impératif Français et le Conseil de la souveraineté. Ils ne font que prouver la tangente qui a été prise dès le départ.

Loco LocassLes souverainistes, comme n’importe qui, peuvent faire une fête selon n’importe quel prétexte, mais il faut aussi s’assumer. Le fait de lire un texte comme celui du FLQ, n’incite personne à la violence. Par contre, le gouvernement québécois n’a pas l’obligation de financer toutes les demandes d’activités qui lui sont faite.

Un fait très intéressant qui a été bien peu relevé est que la fête aura lieu sur des terrains appartenant au gouvernement fédéral et que le gouvernement Harper a donné le feu vert malgré la controverse.

Une autre belle démonstration que les conservateurs ne sont pas si fermés à la culture québécois.

Reste à voir combien il y aura de gens présent à cette grande messe souverainiste, pour moi en bas de 10 000 personnes ce sera un fiasco et une autre preuve que la souveraineté n’intéresse plus la population. Pour ce qui est du financement, le chapeau sera probablement passé à plusieurs reprises pendant le 24 h…

Mise-à-jour : Le manifeste du FLQ a finalement été lu dans la nuit devant un maigre millier de spectateurs.

07
sept
09

La nostalgie des bleus québécois

En l’espace de quelques jours, les bleus québécois ont l’occasion de célébrer deux événements importants dans l’histoire politique du Québec.

Tout d’abord, vendredi dernier, c’était le 25e anniversaire de la grande victoire des conservateurs de Brian Mulroney, le petit gars de Baie-Comeau. Puis, aujourd’hui, c’est le 50e anniversaire du décès de Maurice Duplessis.

Radio-Canada nous offre un dossier assez étoffé remplis de vidéos d’époque concernant ces deux sujets.

MauriceDuplessisLa toujours très instructive émission Tout le monde en parlait de Radio-Cananda nous a offert un spécial d’une heure sur le règne de Maurice Duplessis. Le seul politicien a avoir été élu à cinq reprises Premier ministre du Québec. J’y ai appris énormément de choses, pour ceux qu’ils l’ont manqué c’est possible de la regarder sur le web.

La Presse, de son cô,té a réservé deux pages à son intention dans son cahier principal de samedi et Michelle Ouimet nous explique pourquoi elle veut pas entendre parler du premier ministre québécois le plus souvent réélu.

Brian MulroneyBrian Mulroney est le dernier Premier ministre canadien à avoir obtenu le soutien de 50% de la population. Ces deux fracassantes victoires lui ont permis de gouverner le pays entouré de 211 députés en 1984 et de 170 députés en 1988. La majorité et le nombre d’élus de 1984 sont des records toujours inégalés à ce jour.

Il y aura une grande fête pour célébrer l’élection du gouvernement Mulroney le 17 septembre prochain. Cette fête sera sous la co=présidence d’honneur de Jean Charest.

La ville de Trois-Rivières profitera de son 375e anniversaire et du 50e du décès de son ancien député pour tenir un colloque le 17 et 18 septembre, le thème est Duplessis, son milieu, son époque.

Mon analyse : Je connais assez bien le parcours de Brian Mulroney et ses principales réalisations (le libre-échange, la TPS, l’entente du Lac Meech) et comme son règne date de seulement d’une vingtaine d’années je reviendrais pas  sur ses réalisations. Par contre, je connaissais vraiment pas beaucoup de choses sur Maurice Duplessis et l’époque de la grande noirceur.

Maurice Duplessis m’avait été décrié comme un dangereux dictateur qui mettait en prison ses adversaires politiques. En écoutant l’émission de Tout le monde en parlait, j’ai été surpris d’apprendre de nombres réalisations très positives pour le Québec en entier, pas seulement pour ses amis. L’émission nous offre un portrait très large et rempli de nuances de cet homme.

En matière de ruralité et d’agriculture, c’est lui qui a mis en place l’électrification des maisons et des fermes dans les campagnes et qui a permis ainsi la modernisation de l’agriculture.

Au niveau des infrastructures, il a financé la construction de plus de 4000 écoles et de plusieurs universités, dont l’université Laval, c’est aussi lui le maître d’œuvre de plus de 40 000 km de routes partout au Québec.

drapeau du QuébecSa farouche défense des intérêts du Québec a laissé plusieurs marques. Il a combattu efficacement l’exode des canadiens-français vers les États-Unis en amenant des manufactures ici au Québec. Il est le premier à avoir utilisé le slogan Maître chez Nous et il est le père du drapeau du Québec. Il est aussi celui qui a rapatrié les impôts d’Ottawa, un droit abandonné par le parti libéral auparavant.

Bien sûr, il était collé avec le clergé et ses 15 ans de pouvoir consécutif l’ont amené à faire du patronage de façon éhonté, mais il y a pas que du négatif à son bilan. En passant, le patronage c’est pas juste du passé comme la scandale des commandites de Jean Chrétien et de son parti nous l’a si bien rappelé.

Sa façon de faire du patronage aura permis le développement d’entreprises dans les régions qui sans des contrats du gouvernement n’auraient jamais pu voir le jour. De plus, c’est aussi grâce au réseau scolaire des collèges classiques qu’il a permit aux jeunes de s’instruire et par la suite de faire la révolution tranquille.

On pourra le traiter de dictateur tant que l’on veut, mais pour moi quand un homme meurt et qu’il laisse 16 millions dans la caisse du gouvernement et qu’il n’a pas les fonds dans son compte pour payer ses propres funéraires (une cotisation des députés de son parti aura été nécessaire), c’est le signe d’un politicien dévoué à son peuple.

Statut-Maurice-DuplessisL’histoire de la disparition de sa statut explique bien de quelle façon ses successeurs ont voulu le dépeindre ou simplement l’oublier. La fin de son règne fut certes difficile pour ses adversaires, mais lui donner l’image d’un bourreau n’est pas du tout conforme à la réalité.

En conclusion, je trouve que les gens de droite  (moins d’État, moins de dette, plus de liberté) sont ajourd’hui en manque d’un leader qui saura les rendre fiers. Dans le texte de Michelle Ouimet, plus haut cité, c’est intéressant de remarquer qu’elle mentionne que Duplessis reste un homme de droite. Est-ce un si grand péché que ça ?

C’est peut-être un peu pour ça qu’il a été mis de côté suite à sa mort. Mais un politicien ne peux pas avoir été réélu à 5 reprises (et non 6 comme mentionné dans la Presse) par les citoyens sans avoir fait de bonnes choses pour eux.

J’espère que Stephen Harper saura nous faire des propositions intéressantes lors de la prochaine élection et que le prochain chef de l’ADQ pourra permettre à ce parti de redevenir une option de changement crédible pour la population en générale.

Si Maurice Duplessis a pu être élu à 5 reprises, dont 4 fois de suite, et que Brian Mulroney a reçu l’appui de plus de 50% de la population canadienne c’est que ces deux hommes proposaient des choses emballantes même si ils étaient des hommes de droite. La population est capable de déterminer si une proposition est valable ou pas, nonobstant certains.

La droite au Québec se doit d’être plus uni, plus présente et de montrer que c’est tout aussi bien de penser comme elle le pense que pour les gens de gauche. Personne a le monopole de la générosité, de l’humanité. Les gens de droite sont aussi ouvert d’esprit que les personnes qui penchent plus vers la gauche, c’est tout simplement faux de pensée le contraire.

Je travaille sur un projet dans ce sens qui devrait être à point d’ici peu, je vous en reparlerai.

04
sept
09

Elsie Lefebvre et Nathalie Rochefort, même parcours politique

Nous avons appris récemment le retour à la politique de deux éphémères députées montréalaises. Curieusement, l’ex-péquiste Elsie Lefebvre et l’ancienne libérale Nathalie Rochefort ont des parcours sensiblement pareils.

Regardons de près le parcours de ces deux nouvelles alliées de Louise Harel.

Au niveau académique, les deux ont arrêtés des études en cours de route. Elsie n’a pas terminé ses études de maîtrise en études internationales et Nathalie n’a pu terminer son baccalauréat, elle détient un certificat en action communautaire et une mineure en art et science.

Au niveau de leur implication politique, avant d’être députée, les deux ont longuement milités pour leur formation respective. Elsie a occupé différents postes à l’exécutif national du Comité National des Jeunes du PQ, de son côté, Nathalie s’implique en politique depuis 87 avec le NPD et depuis 93 avec le PLQ.

Leur victoire électorale surprise aura permis à leur chef respectif de pavoiser en décrochant un comté qui appartenait à leurs adversaires politiques depuis plus de 25 ans. il est aussi intéressant de constater que dans les deux cas, elles se sont retrouvés à siéger à l’opposition officielle.

La population a souvent profité d’élections partielles pour envoyer un message au gouvernement en place, voyons d’un peu plus près les causes de leur victoire respective.

Christos SirrosTout d’abord, Elsie Lefebvre s’est retrouvé à faire campagne en septembre 2004 parce que Jean Charest n’a pas nommé ministre M. Christos Sirros, le député du comté depuis 23 ans.

Le comté de Laurier-Dorion est clairement divisé en deux. Sur la carte en dessous du boulevard Saint-Laurent, il y a le parc Jarry, puis la ligne du Canadien Pacifique, plus bas vous êtes dans le quartier multi-culturel Parc Extension, alors qu’au dessus du boulevard St-Laurent on se retrouve dans le quartier beaucoup plus francophone de Villeray.

Lors de la campagne électorale, Elsie et son équipe se sont concentrés pour faire sortir le vote dans Villeray. Bien qu’elle habitait le quartier, on peut pas dire qu’elle était vraiment connue de la population en générale, elle qui travaillait comme caissière au Jean Coutu de la rue Jarry avant de devenir députée.

L’analyse détaillée de Kathleen Lévesque confirme que les immigrants de Parc Extension sont restés tranquillement chez eux le jour du vote. De plus, la communauté grecque ne se serait pas ralliée à la remplaçante de monsieur Sirros, Madame Voula Neofotistos, aujourd’hui avocate.

lefebvre elsieLa surprenante victoire d’Elsie Lefebvre fut serré, avec une courte majorité de 483 votes, même son organisateur de l’époque, Nicolas Brisson, avait déclaré que «L’onde de vote est encore inférieure à ce qu’on pouvait penser dans Parc Extension, mais ça s’en vient. On a trois ans pour consolider ces appuis et les transposer en votes pour les prochaines élections».

Du côté de Nathalie Rochefort, elle a pu être candidate libérale en avril 2001 suite à la surprenante démission de Robert Perreault alors ministre de l’Immigration. Ce départ en aura surpris plusieurs, M. Perreault ne s’impliquera plus en politique active mais il donnera son appui à Amir Khadir en décembre 2008.

Pour le remplacer le PQ choisira en investiture Claudel Toussaint, attaché politique du ministre Sylvain Simard, bien qu’il est été accusé d’être parachuté par l’état major.

Après des révélations de violence conjugales (qui ont par la suite été retiré en échange d’un ordre de la cour de garder la paix pendant un an) et de sa faillite personnelle, il aura besoin du support de plusieurs ministres (dont Louise Harel) et du Premier ministre désigné Bernard Landry pour rester candidat.

Caricature de Landry

De plus, Paul Cliche, candidat de la gauche uni, ralliera les forces progressives, tel le Rassemblement pour l’alternative politique (ancêtre de l’UFP puis de Québec Solidaire) et de nombreux péquistes déçus par les positions considéré trop à droite de Bernard Landry.

Il y a aussi l’effet de l’affaire Michaud qui amena de nombreux péquistes sociaux-démocrates à ne pas être fier de leur parti.

Nathalie Rochefort affiche 2003Comme Elsie, Nathalie Rochefort était bien peu connu des gens du Plateau avant son élection, elle qui habitait Laval à l’époque et qui était bénévole au Centre communautaire des gais et lesbiennes de Montréal depuis 1990.

Bien qu’elle a été, dans les années précédentes, l’adjointe du directeur du Bon Dieu dans la rue, on peut se douter que ce n’est pas le vote massif des itinérants qui l’aura fait gagner.

L’analyse de Marie-Claude Lortie explique clairement que l’habituel vote péquiste s’est divisé entre Claudel Toussaint ( 28,6 %) et Paul Cliche (24,2%) alors que Nathalie Rochefort a obtenu légèrement un peu plus que le score habituel libéral (34,6%) dans ce comté. Elle gagnera finalement l’élection partielle par un millier de votes.

Mon analyse : Ainsi, on peut dire qu’autant Elsie Lefebvre que Nathalie Rochefort auront pu compter sur de nombreux facteurs externes pour devenir députée. La  preuve est que lors de l’élection générale suivante les deux ont vu les électeurs leur tourner le dos et retourner dans leur giron habituel.

Il est intéressant de constater que Nathalie Rochefort aura obtenu le score habituel libéral dans Mercier, mais qu’elle aura perdu par près de 5 000 votes. Pour ce qui est d’Elsie Lefebvre, l’aide de la bloquiste Vivian Barbot n’aura pas suffit pour lui permettre de garder son poste, elle perdra par près de 1100 votes.

Dans les deux cas, elles auront été catapultés dans le monde politique avec bien peu de mérite pour leur victoire. Elles doivent principalement leur notoriété au fait d’avoir gagnés lors d’élections partielles. Si elles avaient gagnés leur siège de députée dans une vague en faveur de leur parti, les médias ne se seraient que très peu intéressés à leur cas.

En 2007, Nathalie Rochefort redemandera pour une 3e fois l’appui de la population du Plateau, elle sera jamais dans la course face à Daniel Turp et Amir Khadir. En décembre dernier, elle choisira de ne pas remettre sa face sur les poteaux.

Elsie Lefebvre, en décembre 2008, préférera passer son tour dans Laurier-Dorion, mais la politique l’intéresse toujours. Au printemps 2008, elle a démontré de l’intérêt pour le comté de Bourget, suite à la démission de Diane Lemieux, puis pour Hochelaga-Maissonneuve, suite à l’annonce de la retraite de Louise Harel, elle a été la première a lever la main, mais dans les deux cas sa candidature n’a pas reçu de support local.

Évidemment, la possibilité d’être élue dans un comté sûr, comme Hochelaga-Maissonneuve ou Bourget, est beaucoup attrayant que de travailler d’arrache-pied dans un comté traditionnellement libéral.

Ces deux anciennes députées ont la chance d’avoir une certaine crédibilité pour l’élection municipale, mais concrètement la population à aucun souvenir de leurs réalisations comme députée. Maintenant, c’est au niveau local qu’elles devront prouver qu’elles sont plus travaillantes que chanceuses.

Elsie devra relever tout un défi puisqu’elle affronte un conseiller municipal d’Union Montréal en poste depuis 1994. Sylvain Lachance a été élu tout d’abord avec Pierre Bourque, puis il a fait le saut avec Gérald Tremblay en 2003.

De plus, Projet Montréal présentera le même candidat qu’en 2004. Éric Daoust. Il a quand même amassé 23% des votes à l’époque, pour un parti qui en était à ses débuts, c’est très bon. Il pourrait bien nuire fortement au chance de gagner d’Elsie.

Sur le Plateau, Nathalie n’aura pas la tâche plus simple puisqu’elle affrontera le vétéran Michel Prescott, conseiller municipale dans le district Jeanne-Mance depuis 1982. Il y a aussi Marc-Boris St-Maurice qui fait campagne depuis avril dernier et, bien sûr, la colistière de Richard Bergeron, Nimâ Machouf qui est aussi la conjointe d’Amir Khadir, premier député de Québec Solidaire.

À propos de Nimâ et de ses adversaires, Carl Boileau, blogueur et collègue candidat sur le Plateau avec Projet Montréal, a écrit un billet assez intéressant sur la compétition dans le district de Jeanne-Mance.

En définitive, ni Elsie, ni Nathalie ne l’auront facile cet automne.

Tous deux affronteront plusieurs adversaires de calibre, dont le conseiller en place depuis de nombreuses années. L’aide de Louise Harel sera bien importante, mais les deux devront travailler sans relâche. Si elles croient que le fait d’avoir été députée 2-3 ans leur permettra de gagner facilement, le verdict de la population sera sans appel.

En conclusion, on peut se remémorer le seul fait d’arme d’Elsie Lefebvre, l’excessive réponse de Jean Charest suite à une question concernant l’implication de Michou, sa femme, avec la Croix-Rouge.

Le lendemain matin, il semblerait qu’Elsie aurait retrouvé un beau gros os avec une belle grosse boucle rouge à la poignée de sa porte, elle aurait pas tellement appréciée !!!




Citation de l’heure

« Saviez-vous que le Québec finance 26 % plus de services qu'en Ontario. Ça représente une somme de 17,5 milliards annuellement ».

- LES COULISSES DU POUVOIR, RADIO-CANADA, 14 MARS 2010

 

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