Je suis allé, lundi soir, à l’UQAM à la première du documentaire Les enfants du Palmarès, réalisé par Marie-Josée Cardinal, une mère d’un garçon maintenant en secondaire 2. Le film a été présenté par le RIDM et sera diffusé sur Canal D le 18 octobre prochain.
Elle nous raconte comment elle a vécu l’expérience du passage du primaire au secondaire avec son fils et elle suit un certain nombre de familles qui ont aussi vécu ce cheminement inévitable.
Mme Cardinal a commencé sa présentation en disant que «malheureusement nous sommes rendu à la période de recrutement dans les écoles secondaires du Québec.» Son malheureusement m’a confirmé l’impression que j’avais eu en écoutant plus tôt en avant-midi une entrevue à Christiane Charette. La réalisatrice a clairement un penchant anti-privé, pro-publique.
Au début du film, on voient plusieurs parents parler de l’école privé comme un lieu où l’encadrement est supérieur, où le travail et la disciple sont valorisés. Ces parents affirment, sans gêne, qu’ils veulent le mieux pour leur enfant et pour eux la première option c’est le privé.
La réalisatrice nous explique qu’elle a aussi voulu le meilleur pour Laurent, son fils, elle a fait les visites des écoles avec lui et elle reconnaît même qu’elle voulait plus son admission au privé que lui-même.
Elle nous fait vivre, admirablement bien, la croissance du stress que les parents et les jeunes vivent à l’approche du jour d’examen. On suit aussi les familles lors des visites dans les différentes écoles.
Les jeunes se préparent de différentes façons pour les tests des écoles privés. Certains étudient à tous les jours, d’autres fréquent SOS étude ou consultent d’autres organismes de soutien scolaire.
Certains jeunes sont exténués à la fin du processus, mais on ne sent pas qu’ils le font contre leur gré. Même que c’est certains jeunes qui demandent à leur parent de les envoyer au privé.
J’ai bien aimé le passage où la mère de Brel raconte que son fils a fait son choix lors d’une visite précédente et qu’il refuse de visiter l’école où ils se trouvent.
Sans aucun doute, c’est un constant évidemment, considérant la diversité des écoles, il est nécessaire de faire un choix adapté à la personnalité du jeune.
Un passage particulièrement intéressant du film arrive lorsqu’une famille visite une école privé qui accepte les élèves sans examen d’entrée. La directrice sourcille lorsqu’elle prend conscience que le jeune devant elle vient d’une école alternative et qu’il n’y a pas d’évaluation des connaissances dans le bulletin, (toujours non chffré).
Finalement, avec beaucoup de surprise, j’entends la directrice dire qu’elle est prête à l’accepter dans son école. Une belle démonstration qu’il est faux de dire que toutes les écoles privés font de la sélection !!!
Un autre mythe des écoles privés est démoli lorsque la mère de Brel lui annonce que le collège de Montréal leur offrira un soutien financier. En retour, l’école demande à Brel de ne pas avoir de note en bas de 70%, une belle façon d’ouvrir ses portes à tous.
Par la suite, j’ai été consterné d’entendre la réalisatrice nous parler des grands dangers que les jeunes risquent en affrontant une telle épreuve, décrit comme quasi-insurmontable, et surtout des conséquences que peut entraîner l’échec pour ces jeunes.
Elle nous raconte que son fils a perdu tout intérêt pour l’école suite à la réception des lettres des écoles privés qui l’ont refusé. Elle va même jusqu’à expliquer qu’un tel traumatisme affecte de façon permanent la confiance d’un jeune et qu’un tel refus entraîne par la suite le décrochage scolaire.
Mme Cardinal rapporte aussi que chaque élève qui va au privé enlève de l’argent au publique puisque le gouvernement québécois donne 60% aux écoles privés de ce qu’il donne aux écoles publiques.
À la fin du documentaire, bien sûr, on voit la fierté et la joie dans les yeux des jeunes lorsqu’ils lisent leur lettre d’acceptation, de beaux moments.
Par contre, certains reçoivent une réponse négative, on constate qu’ils sont tristes et déçus parce qu’ils iront au publique mais l’épreuve ne semble pas si difficile que ça.
Pour preuve, Laurent, le fils de la réalisatrice ne ressemble en rien à un jeune dépressif et découragé de la vie comme sa mère a décrit son attitude deux ans plus tôt.
Mon analyse : Mon meilleur moment n’a pas eu lieu durant le film, mais avant, lors de l’émission de Christiane Charette. Ce fut lorsque Laurent et Mathieu avouent être bien content de ne pas être au privé parce qu’ils ont beaucoup moins de devoirs et de leçons à faire.
En clair, la formation est moins exigeante.
Ça me confirme clairement que les parents ont bien raison de croire qu’au privé il y a plus d’encadrement et de disciple. Par conséquent, leur jeunes seront mieux outillés dans le futur. il me semble que c’est assez simple comme conclusion.
J’aurai préféré sentir un plus grand recul de la réalisatrice face à sa perception négative de l’école privé. J’en suis même venu à croire que son film est une sorte de vengeance personnelle face aux écoles privées qui ont refusé l’admission à son fils Laurent.
Sa vision des choses est très porté sur les dangers et les conséquences du stress engendré par les examens d’entrée. Par contre, elle aborde bien peu les raisons qui expliquent l’engouement des parents qui choisissent de plus en plus l’école privé comparativement à l’école publique.
Il y a dix ans à Montréal, 1 jeune sur 4 allait au privé, maintenant c’est 1 sur 3. Je ne crois pas qu’il y est une seule raison à cette forte augmentation. Le film met l’emphase sur les campagnes de marketing et l’influence de la société.
Mais les parents sont-ils aussi naifs que ça ?
Curieusement, le palmarès des écoles secondaires a fait son apparition il y a dix ans. Mais est-ce vraiment le seul facteur qui explique la montée du privé ?
Trois chercheurs se sont penchés sur le sujet et en on conclus que puisque l’écart de réussite s’agrandit entre le privé et le public, le privé doit être intégré au système publique ou ne plus être financé à 60% de ce que reçoit les écoles publique.
Moi, je crois que le premier facteur qui a fait augmenter l’engouement pour les écoles privé c’est que les parents montréalais sont conscients du haut taux de décrochage dans les écoles publique francophone de Montréal.
En 2006-2007, la CSDM a vu 45 % des garçons et 34,2 % des filles quitter le secondaire sans diplôme. C’est de ça qu’ils ont peur.
Dans le film, le directeur de l’école Pierre-Laporte raconte que les écoles privé se débarrassent des élèves en difficulté et qu’ils réussissent très bien chez eux.
C’est peut-être bien le cas chez lui, dans la luxeuse ville de Mont-Royal (revenu moyen de 94 905 $ des parents en 2006-2007), mais il devrait donner des trucs à ses confrères dans les écoles qui font descendre la moyenne.
Je ne crois pas que le publique a tous les torts du monde. Mais, les faits démontrent que l’école publique ne va pas bien.
Tout d’abord, la question des fonds est très intéressantes. La réalisatrice affirme que les écoles privé enlèvent de l’argent aux écoles publique. Par contre, elle nous offre aucun argument pour justifier sa conclusion.
Considérant que le gouvernement donne 40% plus d’argent aux écoles publique pour chaque élève, c’est évident que l’intégration des écoles privé augmenterait énormément les frais du système d’éducation.
Dans le même sens, l’abolition de la subvention, amènerait des milliers d’étudiants de la classe moyenne dans les écoles publiques.
Seul les gens considérablement plus fortuné, pourrait encore envoyer leurs enfants au privé. Et bien sûr, ce ne serait plus possible pour ces écoles d’offrir de l’aide financière comme dans l’exemple de Brel qui a été accepté au Collège de Montréal.
L’écart entre les plus nantis et la classe moyenne serait considérablement agrandit. Et comment les écoles publiques feraient pour offrir à leur nouveaux étudiants une formation de qualité.
Présentement les écoles publique manquent d’argent et le gouvernement aussi. En quoi, une augmentation de 40% de la facture pour chaque élève qui transférerait du privé au public aiderait les écoles à améliorer leurs équipements ?
En réalité, les écoles publiques se retrouveraient encore plus démunis.
D’autre avenues sont possible, les écoles publique qui sont en mesurent de mettre en place des programmes particuliers obtiennent du succès et les élèves en sortent beaucoup motivés et leur confiance en eux-même est rehaussé.
Certain l’on déjà proposé avant moi, mais développer un sentiment d’appartenance pour les élèves par des programmes de sport-étude, art-étude, musique-étude… des programmes particulières adaptés aux besoins spécifiques des élèves facilitent énormément la réussite.
L’exemple de l’école secondaire Mgr Richard, à Verdun, est très inspirant. Curieusement, cette école a grimpé d’une centaine de rang au palmarès en seulement quatre ans (de 435e en 2003-04 à 334e en 2006-2007).
Une autre raison pourquoi des parents et des jeunes ne sont pas attirés par les écoles public francophone de Montréal, c’est probablement la gestion déficiente qu’on y retrouve.
Il faut pas avoir les priorités aux bonnes places pour dépenser 50 000$ en quelques heures pour une fête entre cadres en août dernier.
Pire, pas plus tard qu’hier, on apprend que la CSDM va vendre des immeubles en bas de leur valeur marchande. C’est 5 millions qui n’iront pas dans les coffres de la commission scolaire.
Vous en voulez d’autres exemples récents :
En septembre dernier, la CSDM a dû s’excuser parce qu’elle a été incapable de bien gérer les cours d’été et à privé à des élèves la possibilité de se reprendre.
Et rappelons nous le manque de planification du déneigement des toits des écoles en mars dernier, même que la ministre de l’éducation a fini par blâmer la CSDM.
On pourra me répondre que la CSDM prend à coeur la réussite de ses élèves et elle a mis au point l’ambitieux plan « Réussir ».
Par conséquent, ces mêmes personnes m’expliqueront surement pourquoi ce plan pour combattre le décrochage scolaire est le premier à être mis en application à la CSDM.
Pourquoi avoir attendu que près de la moitié de ses élèves ne sont pas mesure de terminer leur études dans le délai prévu pour réagir ???
Le fait de faire des reproches au secteur privé est, pour les défenseurs du publique, une façon de détourner l’attention ailleurs que sur les profondes déficiences du système publique.
Pour moi, un des plus gros problèmes des écoles publiques montréalaises c’est la lourdeur administrative et la mauvaise gestion de la CSDM.
En mai dernier, Michèle Ouimet de La Presse a écrit un dossier très intéressant sur le décrochage.
Ça m’a inspiré un billet qui nous apprend que deux écoles dans St-Michel ont des taux de décrochage qui vont du simple (John F. Kennedy, école anglophone 28,2%) à presqu’au double (Louis-Joseph-Papineau, école francophone 57,5%).
Quand même bizarre que deux écoles publiques dans le même quartier se retrouvent avec un tel écart.
De plus, une autre problématique de système publique c’est sa lenteur à s’adapter à l’évolution de la société.
Depuis quelques années, les écoles publiques commencent à comprendre qu’elles doivent se vendre à leur clientèle et qu’elles peuvent faire des porte ouvertes.
Le privé fait ça bien mieux évidemment mais surtout il le fait depuis des lustres.
Pour démontrer la capacité d’adaptation du privé on peut donner comme exemple le collège Sainte-Anne qui vient d’annoncer qu’il met fin à ses examens d’admission.
Le collègue va évaluer les jeunes selon leur bulletin de 4e et 5e année ainsi qu’avec l’aide de trois tests plus généraux portant sur la créativité, la culture générale et les habilités scolaires.
Il faut aussi mentionner l’évolution du palmarès de l’IEDM qui a, l’an dernier, ajouté de nouveaux facteurs appelé «indicateur d’impact».
Le résultat : dans les 20 premières places, on trouve 15 écoles publiques et 11 écoles qui ne font aucune sélection à l’entrée. La première position est occupée par une école publique de la Côte-Nord.
Bien sûr, le film n’en a pas parlé !!!
En terminant, si des jeunes deviennent dépressifs suite à leur refus dans des écoles privés je crois que leurs parents devraient se poser de sérieuses questions sur la pression qu’ils ont possiblement mis sur leur progéniture ou sur l’absence d’outils qu’ils oubliés de donner à leurs enfants pour faire face à ce genre d’épreuve.
Un parent est un modèle pour un jeune de 11 ans. Si ils ne sont pas à son écoute, il est normal que le jeune finisse par réagir. Pour moi, le fait de vivre du stress avant un examen est normal. D’être déçu suite à la non-admission de l’école choisi est aussi normal.
Je comprend pas les gens qui affirment que tous devraient avoir accès aux écoles privés.
Est-ce que tout le monde à droit à un salaire de 100 000 $ par année, à un permanence à vie garantie par un syndicat qui défend coûte que coûte les acquis obtenus dans le passé ?
Qui a dit que dans la vie c’est toujours facile?
Laurent et tous les autres refusés ont grandit suite à cette épreuve. Lorsqu’ils feront une demande d’emploi ou lorsqu’ils déposeront leur demandes pour aller dans un programme contingenté au cégep ou l’université ils seront conscient qu’ils n’y a pas uniquement leur candidature sur le bureau et surtout qu’ils font fasse à de la concurrence.
Si des parents comme Marie-Josée Cardinal et tous les autres dans le film ont crus que le privé avantageraient les enfants dans le futur ce n’est certainement pas un hasard.
Les gens du publique, au lieu, de démoniser le privé, devrait se relever les manches et élever ses propres standards pour que la population retrouve confiance en elle.
Si l’école publique était aussi bonne que le privé, il y aurait pas des milliers de parents qui voudraient envoyer leurs enfants dans ces écoles !!!
Le Québec a besoin de l’ADQ
Pour
Faut les voir pour le croire, ces spécialistes‑maison de l’éloge funèbre pompeux. Comme chez tous les mauvais comédiens, leur voix étranglée par l’émotion sonne faux quand ils nous parlent de la « rigueur intellectuelle » et de « l’esprit de synthèse » du petit frère‑directeur du journal « Le Devoir ». Ils confondent rigueur et rigorisme, synthèse, bricolage et liste d’épicerie. Faut les voir avec leurs fausses gueules d’enterrement, empreintes d’une tristesse étudiée, nous présenter ce petit gérant d’estrade pontifiant sous les traits d’un intellectuel incontournable. À grands coups d’enflures verbales et de boursouflures stylistiques, ils nous le dépeignent le plus sérieusement du monde comme un des plus brillants penseurs du Québec. C’est vrai que dans ce milieu journalistique on règne une majorité de deux‑de‑pique et de sous‑doués congénitaux, on passe facilement pour un génie quand on peut aligner deux idées, l’une à la suite de l’autre, dans un style aussi ennuyant que le bottin de téléphone, surtout si ce sont des idées reçues ou des idées archi‑convenues.




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