Archive pour septembre 2009

30
sept
09

Les enfants du Palmarès

Je suis allé, lundi soir, à l’UQAM à la première du documentaire Les enfants du Palmarès, réalisé par Marie-Josée Cardinal, une mère d’un garçon maintenant en secondaire 2. Le film a été présenté par le RIDM et sera diffusé sur Canal D le 18 octobre prochain.

Elle nous raconte comment elle a vécu l’expérience du passage du primaire au secondaire avec son fils et elle suit un certain nombre de familles qui ont aussi vécu ce cheminement inévitable.

Mme Cardinal a commencé sa présentation en disant que «malheureusement nous sommes rendu à la période de recrutement dans les écoles secondaires du Québec.» Son malheureusement m’a confirmé l’impression que j’avais eu en écoutant plus tôt en avant-midi une entrevue à Christiane Charette. La réalisatrice a clairement un penchant anti-privé, pro-publique.

Au début du film, on voient plusieurs parents parler de l’école privé comme un lieu où l’encadrement est supérieur, où le travail et la disciple sont valorisés. Ces parents affirment, sans gêne, qu’ils veulent le mieux pour leur enfant et pour eux la première option c’est le privé.

Ls enfants du PalmarèsLa réalisatrice nous explique qu’elle a aussi voulu le meilleur pour Laurent, son fils, elle a fait les visites des écoles avec lui et elle reconnaît même qu’elle voulait plus son admission au privé que lui-même.

Elle nous fait vivre, admirablement bien, la croissance du stress que les parents et les jeunes vivent à l’approche du jour d’examen. On suit aussi les familles lors des visites dans les différentes écoles.

Les jeunes se préparent de différentes façons pour les tests des écoles privés. Certains étudient à tous les jours, d’autres fréquent SOS étude ou consultent d’autres organismes de soutien scolaire.

Certains jeunes sont exténués à la fin du processus, mais on ne sent pas qu’ils le font contre leur gré. Même que c’est certains jeunes qui demandent à leur parent de les envoyer au privé.

J’ai bien aimé le passage où la mère de Brel raconte que son fils a fait son choix lors d’une visite précédente et qu’il refuse de visiter l’école où ils se trouvent.

Sans aucun doute, c’est un constant évidemment, considérant la diversité des écoles, il est nécessaire de faire un choix adapté à la personnalité du jeune.

Un passage particulièrement intéressant du film arrive lorsqu’une famille visite une école privé qui accepte les élèves sans examen d’entrée. La directrice sourcille lorsqu’elle prend conscience que le jeune devant elle vient d’une école alternative et qu’il n’y a pas d’évaluation des connaissances dans le bulletin, (toujours non chffré).

Finalement, avec beaucoup de surprise, j’entends la directrice dire qu’elle est prête à l’accepter dans son école. Une belle démonstration qu’il est faux de dire que toutes les écoles privés font de la sélection !!!

Un autre mythe des écoles privés est démoli lorsque la mère de Brel lui annonce que le collège de Montréal leur offrira un soutien financier. En retour, l’école demande à Brel de ne pas avoir de note en bas de 70%, une belle façon d’ouvrir ses portes à tous.

élèves qui décrochentPar la suite, j’ai été consterné d’entendre la réalisatrice nous parler des grands dangers que les jeunes risquent en affrontant une telle épreuve, décrit comme quasi-insurmontable, et surtout des conséquences que peut entraîner l’échec pour ces jeunes.

Elle nous raconte que son fils a perdu tout intérêt pour l’école suite à la réception des lettres des écoles privés qui l’ont refusé. Elle va même jusqu’à expliquer qu’un tel traumatisme affecte de façon permanent la confiance d’un jeune et qu’un tel refus entraîne par la suite le décrochage scolaire.

Mme Cardinal rapporte aussi que chaque élève qui va au privé enlève de l’argent au publique puisque le gouvernement québécois donne 60% aux écoles privés de ce qu’il donne aux écoles publiques.

À la fin du documentaire, bien sûr, on voit la fierté et la joie dans les yeux des jeunes lorsqu’ils lisent leur lettre d’acceptation, de beaux moments.

Par contre, certains reçoivent une réponse négative, on constate qu’ils sont tristes et déçus parce qu’ils iront au publique mais l’épreuve ne semble pas si difficile que ça.

Pour preuve, Laurent, le fils de la réalisatrice ne ressemble en rien à un jeune dépressif et découragé de la vie comme sa mère a décrit son attitude deux ans plus tôt.

Mon analyse : Mon meilleur moment n’a pas eu lieu durant le film, mais avant, lors de l’émission de Christiane Charette. Ce fut lorsque Laurent et Mathieu avouent être bien content de ne pas être au privé parce qu’ils ont beaucoup moins de devoirs et de leçons à faire.

En clair, la formation est moins exigeante.

élèves en classeÇa me confirme clairement que les parents ont bien raison de croire qu’au privé il y a plus d’encadrement et de disciple. Par conséquent, leur jeunes seront mieux outillés dans le futur. il me semble que c’est assez simple comme conclusion.

J’aurai préféré sentir un plus grand recul de la réalisatrice face à sa perception négative de l’école privé. J’en suis même venu à croire que son film est une sorte de vengeance personnelle face aux écoles privées qui ont refusé l’admission à son fils Laurent.

Sa vision des choses est très porté sur les dangers et les conséquences du stress engendré par les examens d’entrée. Par contre, elle aborde bien peu les raisons qui expliquent l’engouement des parents qui choisissent de plus en plus l’école privé comparativement à l’école publique.

Il y a dix ans à Montréal, 1 jeune sur 4 allait au privé, maintenant c’est 1 sur 3. Je ne crois pas qu’il y est une seule raison à cette forte augmentation. Le film met l’emphase sur les campagnes de marketing et l’influence de la société.

Mais les parents sont-ils aussi naifs que ça ?

Curieusement, le palmarès des écoles secondaires a fait son apparition il y a dix ans. Mais est-ce vraiment le seul facteur qui explique la montée du privé ?

Trois chercheurs se sont penchés sur le sujet et en on conclus que puisque l’écart de réussite s’agrandit entre le privé et le public, le privé doit être intégré au système publique ou ne plus être financé à 60% de ce que reçoit les écoles publique.

Moi, je crois que le premier facteur qui a fait augmenter l’engouement pour les écoles privé c’est que les parents montréalais sont conscients du haut taux de décrochage dans les écoles publique francophone de Montréal.

En 2006-2007, la CSDM a vu 45 % des garçons et 34,2 % des filles quitter le secondaire sans diplôme. C’est de ça qu’ils ont peur.

école Pierre-LaporteDans le film, le directeur de l’école Pierre-Laporte raconte que les écoles privé se débarrassent des élèves en difficulté et qu’ils réussissent très bien chez eux.

C’est peut-être bien le cas chez lui, dans la luxeuse ville de Mont-Royal (revenu moyen de 94 905 $ des parents en 2006-2007), mais il devrait donner des trucs à ses confrères dans les écoles qui font descendre la moyenne.

Je ne crois pas que le publique a tous les torts du monde. Mais, les faits démontrent que l’école publique ne va pas bien.

Tout d’abord, la question des fonds est très intéressantes. La réalisatrice affirme que les écoles privé enlèvent de l’argent aux écoles publique. Par contre, elle nous offre aucun argument pour justifier sa conclusion.

Considérant que le gouvernement donne 40% plus d’argent aux écoles publique pour chaque élève, c’est évident que l’intégration des écoles privé augmenterait énormément les frais du système d’éducation.

Dans le même sens, l’abolition de la subvention, amènerait des milliers d’étudiants de la classe moyenne dans les écoles publiques.

Seul les gens considérablement plus fortuné, pourrait encore envoyer leurs enfants au privé. Et bien sûr, ce ne serait plus possible pour ces écoles d’offrir de l’aide financière comme dans l’exemple de Brel qui a été accepté au Collège de Montréal.

L’écart entre les plus nantis et la classe moyenne serait considérablement agrandit. Et comment les écoles publiques feraient  pour offrir à leur nouveaux étudiants une formation de qualité.

Présentement les écoles publique manquent d’argent et le gouvernement aussi. En quoi, une augmentation de 40% de la facture pour chaque élève qui transférerait du privé au public aiderait les écoles à améliorer leurs équipements ?

En réalité, les écoles publiques se retrouveraient encore plus démunis.

D’autre avenues sont possible, les écoles publique qui sont en mesurent de mettre en place des programmes particuliers obtiennent du succès et les élèves en sortent beaucoup motivés et leur confiance en eux-même est rehaussé.

Certain l’on déjà proposé avant moi, mais développer un sentiment d’appartenance pour les élèves par des programmes de sport-étude, art-étude, musique-étude… des programmes particulières adaptés aux besoins spécifiques des élèves facilitent énormément la réussite.

école MGR RichardL’exemple de l’école secondaire Mgr Richard, à Verdun, est très inspirant. Curieusement, cette école a grimpé d’une centaine de rang au palmarès en seulement quatre ans (de 435e en 2003-04 à 334e en 2006-2007).

Une autre raison pourquoi des parents et des jeunes ne sont pas attirés par les écoles public francophone de Montréal, c’est probablement la gestion déficiente qu’on y retrouve.

Il faut pas avoir les priorités aux bonnes places pour dépenser 50 000$ en quelques heures pour une fête entre cadres en août dernier.

Pire, pas plus tard qu’hier, on apprend que la CSDM va vendre des immeubles en bas de leur valeur marchande. C’est 5 millions qui n’iront pas dans les coffres de la commission scolaire.

Vous en voulez d’autres exemples récents :

En septembre dernier, la CSDM a dû s’excuser parce qu’elle a été incapable de bien gérer les cours d’été et à privé à des élèves la possibilité de se reprendre.

Et rappelons nous le manque de planification du déneigement des toits des écoles en mars dernier, même que la ministre de l’éducation a fini par blâmer la CSDM.

Diane de CourcyOn pourra me répondre que la CSDM prend à coeur la réussite de ses élèves et elle a mis au point l’ambitieux plan « Réussir ».

Par conséquent, ces mêmes personnes m’expliqueront surement pourquoi ce plan pour combattre le décrochage scolaire est le premier à être mis en application à la CSDM.

Pourquoi avoir attendu que près de la moitié de ses élèves ne sont pas mesure de terminer leur études dans le délai prévu pour réagir ???

Le fait de faire des reproches au secteur privé est, pour les défenseurs du publique, une façon de détourner l’attention ailleurs que sur les profondes déficiences du système publique.

Pour moi, un des plus gros problèmes des écoles publiques montréalaises c’est la lourdeur administrative et la mauvaise gestion de la CSDM.

En mai dernier, Michèle Ouimet de La Presse a écrit un dossier très intéressant sur le décrochage.

Ça m’a inspiré un billet qui nous apprend que deux écoles dans St-Michel ont des taux de décrochage qui vont du simple (John F. Kennedy, école anglophone 28,2%) à presqu’au double (Louis-Joseph-Papineau, école francophone 57,5%).

Quand même bizarre que deux écoles publiques dans le même quartier se retrouvent avec un tel écart.

De plus, une autre problématique de système publique c’est sa lenteur à s’adapter à l’évolution de la société.

Depuis quelques années, les écoles publiques commencent à comprendre qu’elles doivent se vendre à leur clientèle et qu’elles peuvent faire des porte ouvertes.

Le privé fait ça bien mieux évidemment mais surtout il le fait depuis des lustres.

Pour démontrer la capacité d’adaptation du privé on peut donner comme exemple le collège Sainte-Anne qui vient d’annoncer qu’il met fin à ses examens d’admission.

Le collègue va évaluer les jeunes selon leur bulletin de 4e et 5e année ainsi qu’avec l’aide de trois tests plus généraux portant sur la créativité, la culture générale et les habilités scolaires.

Il faut aussi mentionner l’évolution du palmarès de l’IEDM qui a, l’an dernier,  ajouté de nouveaux facteurs appelé «indicateur d’impact».

Le résultat : dans les 20 premières places, on trouve 15 écoles publiques et 11 écoles qui ne font aucune sélection à l’entrée. La première position est occupée par une école publique de la Côte-Nord.

Bien sûr, le film n’en a pas parlé !!!

En terminant, si des jeunes deviennent dépressifs suite à leur refus dans des écoles privés je crois que leurs parents devraient se poser de sérieuses questions sur la pression qu’ils ont possiblement mis sur leur progéniture ou sur l’absence d’outils qu’ils oubliés de donner à leurs enfants pour faire face à ce genre d’épreuve.

Un parent est un modèle pour un jeune de 11 ans. Si ils ne sont pas à son écoute, il est normal que le jeune finisse par réagir. Pour moi, le fait de vivre du stress avant un examen est normal. D’être déçu suite à la non-admission de l’école choisi est aussi normal.

Je comprend pas les gens qui affirment que tous devraient avoir accès aux écoles privés.

Est-ce que tout le monde à droit à un salaire de 100 000 $ par année, à un permanence à vie garantie par un syndicat qui défend coûte que coûte les acquis obtenus dans le passé ?

Qui a dit que dans la vie c’est toujours facile?

Laurent et tous les autres refusés ont grandit suite à cette épreuve. Lorsqu’ils feront une demande d’emploi ou lorsqu’ils déposeront leur demandes pour aller dans un programme contingenté au cégep ou l’université ils seront conscient qu’ils n’y a pas uniquement leur candidature sur le bureau et surtout qu’ils font fasse à de la concurrence.

Si des parents comme Marie-Josée Cardinal et tous les autres dans le film ont crus que le privé avantageraient les enfants dans le futur ce n’est certainement pas un hasard.

Les gens du publique, au lieu, de démoniser le privé, devrait se relever les manches et élever ses propres standards pour que la population retrouve confiance en elle.

Si l’école publique était aussi bonne que le privé, il y aurait pas des milliers de parents qui voudraient envoyer leurs enfants dans ces écoles !!!

29
sept
09

Le Québec a besoin de l’ADQ, selon l’Actualité

Je n’ai pas l’habitude de jouer au relationniste de presse et de reproduire des communiqués ou des articles, je préfère et de loin développer mes propres idées et surtout faire mes propres recherches.

Par contre, je viens de lire l’éditorial de l’Actualité qui décrit admirablement bien ma pensée face à la course à la chefferie adéquiste.

Donc, je vous l’offre dès maintenant :

Logos 005Le Québec a besoin de l’ADQ

par Carole Beaulieu
18 Septembre 2009

Encouragés par les cafouillages du mauvais feuilleton qu’est devenue la course à la direction de l’ADQ, des commentateurs ont récemment prédit la mort imminente du parti de Mario Dumont. Souhaitons qu’ils se trompent.

Le Québec a bien besoin du parti rebelle, iconoclaste et de droite qu’est l’Action démocratique du Québec.

Comme le canari dans la mine, l’ADQ a souvent sonné l’alarme avec pertinence. En 2008, avant la crise économique, Mario Dumont prédisait de lourdes pertes pour la Caisse de dépôt et l’érosion des pensions de vieillesse. L’avenir allait lui donner raison.

Explosion des dépenses de santé, difficulté de financement des universités, rigidité des services de garde, lourdeur du poids de la dette, tensions dans l’intégration des immigrants… l’ADQ gratte depuis 15 ans le vernis du consensus pour exposer la fragilité du bois dont sont faites les structures du Québec.

Si seulement les candidats à la direction pouvaient lorgner un peu plus du côté de la Grande-Bretagne, où le conservateur David Cameron, 43 ans, surprend avec des politiques inattendues. Tout comme Tony Blair avait su recentrer son parti de gauche, David Cameron plaide pour une droite « écologiste », qui mettrait le marché au service de la planète. Accrocheur.

La course à la direction de l’ADQ n’a pas jusqu’ici permis l’éclosion de beaucoup d’idées nouvelles, pas plus qu’elle n’a permis au parti de regarnir sa liste de membres. La politique a beau ne pas être un sport pour les douillets, deux aspirants à la direction – Gilles Taillon et Éric Caire – ont atteint quelques sommets en matière de déclarations disgracieuses qui ne sont pas de nature à attirer des militants.

Mario Dumont avait un instinct pour les formules assas­sines, mais il respectait les personnes et surtout ses collègues ! Il n’aurait employé ni les tactiques d’un Gilles Taillon pour dénoncer un parcours scolaire embelli ni celles d’un Éric Caire pour demander si « un cancéreux » peut diriger un parti. Nombre de gens malades ont gouverné. Et parfois fort bien.

Les candidats doivent redeve­nir dignes du poste auquel ils aspirent. Et vite. Les idées qui ont fait naître l’ADQ sont toujours vivantes dans la société québécoise : valoriser les libertés individuelles, réduire la taille de l’État, protéger la jeune génération contre le poids de la dette, mettre fin au mono­pole du secteur public sur le système de santé, favori­ser la responsabilité des citoyens, sortir de la polarisation fédéraliste-souverainiste…

Ces idées font l’objet d’un débat intense dans les blogues de militants adéquistes. Le Québec assiste à la première course à la direction qui se joue sur le Web plutôt que dans les médias traditionnels.

Entre Gilles Taillon (64 ans), Éric Caire (44) et Chris­tian Léves­que (39), il y a des différences d’âge, d’expérience, de charisme et surtout de programme qu’on aurait intérêt à découvrir.

Le plus jeune rêve d’universités privées et veut voir le Québec faire le commerce de l’eau. Le plus vieux parle beaucoup d’économie et peu d’envi­ronnement. Celui du milieu se situe tellement dans la tradition de l’ADQ que son programme a des allures de déjà-vu, sauf peut-être pour cette idée « d’accroître notre patrimoine énergétique propre ».

Éric Caire et Christian Léves­que n’ont que des diplômes collégiaux ? Et après ? Le président brésilien, Lula, cireur de chaussures devenu ouvrier métallurgiste, a quitté l’école à 10 ans. Le diplôme ne fait pas le politicien.

Notre démocratie a besoin que son Assemblée nationale accueille tant des médecins et des avocats que des commerçants qui ont de l’expérience à l’étranger (comme l’ex-député de Lévis Christian Lévesque, qui a travaillé à Tunis et à Paris) ou d’anciens réservistes de l’armée recyclés dans l’informatique (tel le député de La Peltrie, Éric Caire).

Mais les candidats doivent avoir les qualités humaines nécessaires pour devenir chef. Et pas mal de sens politique.

Admettre sur les ondes de la SRC, comme Éric Caire l’a fait à la mi-septembre, que « le meter calcule plus vite les militants qui quittent [son parti] que ceux qui arrivent » invite bien peu à signer des cartes de membres ! Mais les adéquistes ne font jamais rien comme les autres. De même que le proverbial beau-frère qui lâche un gros mot pendant le souper de famille feutré, ils ont toujours eu le don de mettre le doigt sur des bobos qu’il faudra bien soigner un jour. Au rythme actuel, toutefois, il pourrait ne pas leur rester de parti le jour du vote. Ne réglez pas votre appareil d’ici le 18 octobre.

26
sept
09

Pierre Falardeau, le méprisant

Pierre Falardeau est décédé il y a quelques heures, déjà la mouvance souverainiste s’en ennui et est en deuil.

J’ai, chez moi, plusieurs de ses films, je respect son œuvre cinématographique, par contre, l’homme a su, dans les dernières années, nous démontrer sa hargne envers les gens qui ne pensaient pas comme lui.

hezbollah et Pierre FalardeauPour certain c’est un homme de coeur, un homme de convictions qui disparait. Pour moi, c’est un homme qui avait aucun retenue dans ses propos et qui mettait beaucoup plus d’huile sur le feu que de tenter d’aider le Québec à grandir comme société.

Pour lui rendre hommage, je vous offre le texte qu’il a écrit suite au décès de Claude Ryan. Prenez le temps de le lire, ça vaut la peine.

Pourrait-on imaginer, un instant, une personnalité publique qui  rendrait un tel hommage aujourd’hui à Pierre Falardeau !!!

C ‘est une belle démonstration de la profondeur de l’âme du récent disparu.

L’enterrement du Bonhomme Carnaval
Pierre Falardeau

Voilà enfin une bonne chose de faite! Claude Ryan vient de mourir. Ne reste plus qu’à l’embaumer et à fermer le couvercle. Avec sa belle tête de sous‑diacre empaillée et mangée par les mites, il n’aura fait, en mourant, qu’officialiser une situation de fait qui perdurait depuis longtemps.

Les journalistes de service, qu’on a plutôt tendance à confondre avec des amuseurs publics, racontent que Ryan avait sombré dans le coma six jours avant de rendre l’âme. Ces chiens de garde du pouvoir, qui se prennent parfois pour le quatrième pouvoir, sont sûrement les seuls au Québec à ne pas s’être aperçus que le pape du journalisme était déjà dans un coma profond depuis au moins quarante ans. Faut avoir soi‑même un encéphalogramme à plat pour participer à une telle campagne médiatique de béatification. Faut pas craindre de se salir les mains pour oser transformer en immense penseur ce politicien encore plus ridicule dans la vraie vie que le meilleur de ses imitateurs.

À écouter le choeur unanime des pleureuses professionnelles, on a l’impression de nager en plein carnaval. Quoi? Un grand intellectuel ce préfet de discipline de couvent, ce père-économe de communauté de bonnes soeurs, ce petit aumônier des Dames de Sainte‑Aune? On se croirait à « Juste pour rire »

Pierre FalardeauFaut les voir pour le croire, ces spécialistes‑maison de l’éloge funèbre pompeux. Comme chez tous les mauvais comédiens, leur voix étranglée par l’émotion sonne faux quand ils nous parlent de la « rigueur intellectuelle » et de « l’esprit de synthèse » du petit frère‑directeur du journal « Le Devoir ». Ils confondent rigueur et rigorisme, synthèse, bricolage et liste d’épicerie. Faut les voir avec leurs fausses gueules d’enterrement, empreintes d’une tristesse étudiée, nous présenter ce petit gérant d’estrade pontifiant sous les traits d’un intellectuel incontournable. À grands coups d’enflures verbales et de boursouflures stylistiques, ils nous le dépeignent le plus sérieusement du monde comme un des plus brillants penseurs du Québec. C’est vrai que dans ce milieu journalistique on règne une majorité de deux‑de‑pique et de sous‑doués congénitaux, on passe facilement pour un génie quand on peut aligner deux idées, l’une à la suite de l’autre, dans un style aussi ennuyant que le bottin de téléphone, surtout si ce sont des idées reçues ou des idées archi‑convenues.

Non mais! Vous nous prenez pour des caves ou quoi? Il n’y a pas une personne sur dix mille au Québec capable de me citer une seule ligne de ce pape du journalisme québécois. Si c’était un génie, ça se serait su, non? je lis « Le Devoir » depuis quarante ans et je crois bien n’avoir jamais lu un seul de ses éditoriaux au style fadasse qui puaient l’eau bénite croupie et le canneçon‑à‑grands‑manches mal lavé.

Si « Le style c’est l’homme » comme disait l’autre, seul un esprit « drabe » pouvait oser écrire un livre « beige », même un peu « grisâtre » et pourquoi pas un peu « jaunasse ». Une « grande synthèse » que ce ramassis de toutes les patentes-à-gosses constitutionnelles mises au point par les nationalistes mous et les fédéralistes fatigués des cinquante dernières années. Fédéralisme renouvelé. Fédéralisme rentable. Fédéralisme coopératif. Fédéralisme asymétrique. À une vitesse. À deux vitesses. À trois vitesses. Automatique, power brake, power stering. Alouette. Des projets mort‑nés recyclés l’année suivante sous une nouvelle marque de commerce. Aujourd’hui, on parle d’arrangements administratifs.

Et les spécialistes des notices nécrologiques qui élèvent ce bêtisier « brun » au rang de bible nationale. C’est vraiment à s’ouvrir les veines avec une pelle à neige. Un insignifiant traité de science‑fiction politique qu’on tente de faire passer pour une oeuvre majeure, pour la contribution essentielle d’un grand cerveau. Ce grand cerveau sent le formol à plein nez. C’est celui d’un nationaliste d’Ancien Régime incapable de saisir l’ABC du système néo‑colonial canadien qui a remplacé le vieux colonial­isme britannique en 1867.

Claude Ryan aura passé sa vie à vouloir simplement aménager le statut de protectorat canadien qui est celui du Québec à l’intérieur de la Confédération. Et ces aménagements, même mineurs, même essentiellement cosmétiques, le Canada les aura refusés, à Claude Ryan et à ses disciples purs et durs, les uns après les autres depuis cinquante ans. Niet. Niet. Niet. Le statu quo, à prendre ou à laisser. Et plutôt que de tirer les conclusions politiques d’un tel refus, Ryan se sera accroché à son minable catalogue de voeux pieux jusque dans sa tombe. Son testament politique, sans doute écrit dans ses six jours de coma, en fait foi.

Finalement, le seul souvenir que nous laissera Claude Ryan est celui du petit politicien, mesquin et provincial, qui dirigea le camp du NON en 1980. Celui d’un homme de main chargé de nous faire prendre notre trou. Comme Stéphane Dion. On s’est servi de lui et de son vernis d’intellectuel paroissial pour couvrir les saloperies de Trudeau, de Chrétien, de Camil Samson et du Conseil du Patronat. Et quand il a eu fini la sale job, ce puissant cerveau, on s’est débarrassé de lui et de son fédéralisme renouvelé comme d’une vulgaire chaussette épiscopale. Exit le Bonhomme Sept Heures. Au chômage l’épouvantail à moineaux. Comme Stéphane Dion. Des intellectuels tellement brillants qu’ils sont incapables de comprendre le rôle qu’on leur fait jouer. Désolant et minable.

Claude Ryan emporte dans son cercueil sa pensée politique provincialiste et criminelle. Son livre « brun » finira bien par pourrir lui aussi. Ryan aura au moins réussi sa mort coincé dans les faits divers entre les scandales financiers du gouvernement fédéral et le racisme ordinaire de ses « partenaires » canadiens. Salut pourriture.

« Il est si commode d’être rigoriste dans ses discours! Cela ne nuit jamais qu’aux autres et ne nous gêne aucunement » -Laclos

Publié à l’origine dans le journal Le Québécois, volume 4, numéro 1, février-mars 2004.

25
sept
09

Pascal l’emporte par KO technique au 10e round

Jean Pascal peut être fier de son combat, il a clairement gagné son affrontement face à son aspirant obligatoire, l’italien Silvio Branco. Après Arturo Thunder Gatti et Lucian le tombeur Bute, il devient le troisième québécois à gagner son combat de défense obligatoire, un bel exploit.

Photo : Jonathan Abenhaim

Photo : Jonathan Abenhaim

Jean Pascal a du travailler fort face à un adversaire qui était de 17 ans son aîné. Silvio Branco tentait, pour la troisième fois, de mettre la main sur une ceinture de champion du monde. Malgré son âge avancé, il est venu à Montréal bien préparé et il n’a pas été facile à cuisiner pour Pascal.

Dès le début du combat, on a pu remarquer que les deux pugilistes se respectaient mutuellement et il y a eu bien peu d’accrochage au premier round.

À la fin du quatrième round, les deux boxeurs sont très près l’un de l’autre, Branco tente un coup de tête, Pascal réplique avec un coup derrière la tête et repousse son adversaire qui chute au plancher. L’arbitre considère tout d’abord que branco a glissé, mais puisqu’il dépose ensuite un genoux au sol, il lui donne un compte de dix.

Au sixième round, Jean Pascal prend de plus en plus son rythme, ses coups atteingnent la cible de plus en plus souvent.  Branco encaisse bien, mais l’on sent que la différence d’âge commence à ce faire sentir.

Le septième round est un peu plus calme. Par contre, à la fin des trois minutes, Pascal déclenche une puissante attaque qui envoi Branco au plancher pour un deuxième compte. La rage de vaincre de Pascal est de plus en plus supérieur à celle de l’italien.

Photo : Jonathan Abenhaim

Photo : Jonathan Abenhaim

À la reprise suivante, les coups de Pascal trouvent régulièrement la cible bien qu’il ne met pas les gaz à fond de train. Branco est de plus en plus débordé, il feint un coup en bas de la ceinture pour mettre les genoux au sol.

Au dixième round, Pascal éblanle Branco suite à un puissant crochet de droite, Branco est à nouveau au sol. Dès la reprise, le champion en titre atteint à nouveau le quadragénaire, il tombe une dernière fois et au même moment son entraîneur lance la serviette en signe d’abandon.

Après le combat, gentleman, Pascal a remercié son adversaire pour l’expérience acquise ce soir. «Ce ne fut pas le combat le plus beau, mais ce fut un combat vraiment bénéfique pour la suite de ma carrière, je suis un jeune champion et j’ai encore beaucoup à apprendre.» a affirmé le lavallois.

Il a dédié cette victoire à feu Arturo Thunder Gatti qui est décédé récemment. Pascal a fait son entrée sur le ring avec le musique habituelle de Gatti, Thunderstruck d’AC/DC, et le nom de l’ancien double champion du monde était inscrit sur sa robe de chambre et sur ses shorts.

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Photo : Jonathan Abenhaim

Cette victoire est très importante pour Pascal et l’organisation de GYM, elle met la table pour la revanche entre Diaconu, le champion déchu en juin dernier, et Pascal qui a gagné énormément en confiance et en maturité depuis son combat contre Carl Froch en décembre dernier.

La confrontation prévu au départ pour le 11 décembre au Centre Bell, n’a pas été confirmé pour l’instant.

L’organisation devra d’abord s’assurer que Jean Pascal sera en parfaite santé pour être mesure de combattre dans un troisième combat de championnat du monde en sept mois. La foule peu nombreuse ce soir, un peu moins de 6 000 personnes, devrait, au moins, doubler à ce moment-là.

25
sept
09

Stevenson et Demers sont expéditifs

Photo : Jonathan Abenhaim

Photo : Jonathan Abenhaim

En demi-finale du combat Pascal-Branco, Adonis Superman Stevenson nous a offert un très beau combat, après plus d’un an d’absence. Il a dominé Jermain Mackay outrageusement. Au quatrième round, Stevenson a frappé sans relâche son adversaire, Mackay a finalement mis le genoux à terre à la toute fin du round. Au cinquième, Stevenson c’est rué sur le champion WBC des caraïbes, 20 secondes  plus tard, l’arbitre mettait fin au combat.

Sébastien double trouble Demers a laissé aucune seconde de répit à l’expérimenté Jose Spearman. Au premier round, suite à une puissante combinaison droite-gauche, Demers a envoyé au tapis le vétéran de 40 ans et c’en était déjà fini. Sébastien Demers a été impressionnant, reste à voir s’il pourra rééditer ce bel exploit lors de son prochain combat.

Carl Handy s’est frotté à David Whittom dans un combat dans la catégorie des lourd-légers. Handy a cogné solidement Whittom tout au long des six rounds. Il a pleinement mérité la victoire.

Pier-Olivier Apou Côté a impressionné la foule en envoyant au plancher son adversaire, Leonardo Rojas, à trois reprises lors du premier round. Cette victoire fracassante de Côté est de très bonne augure.

Rojas  a affronté dans le passé plusieurs boxeurs connus. Il a, entre autre, fait la limite avec Benoit Gaudet en 2005 et avec Antonin Décarie en 2006, et ce, dans des combats de 10 rounds. Pier-Olivier Côté est l’une des vedettes montantes d’Interbox, il est à surveiller de près.

En ouverture de gala, Kevin Bizier a sué tout au long des six rounds de son combat pour obtenir une victoire face à un boxeur mexicain, Jose Leonardo Corona. Bizier a maintenant une fiche de 6-0-0 dont 3 KO.




Citation de l’heure

« Saviez-vous que le Québec finance 26 % plus de services qu'en Ontario. Ça représente une somme de 17,5 milliards annuellement ».

- LES COULISSES DU POUVOIR, RADIO-CANADA, 14 MARS 2010

 

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