Avant de vous raconter ce que j’ai appris, j’aimerais rappeler que je ne suis pas un journaliste, ni un journaliste-citoyen et enfin que je suis en guerre contre personne ni à l’ADQ, ni sur la planète Terre.
Donc, voici des informations qui vont probablement se propager très rapidement dans l’univers adéquiste.
L’ancien député de Lévis, Christian Lévesque a annoncé son intérêt pour la chefferie à la fin du mois de janvier.
Depuis il n’a pas chômé, il a approché plusieurs de ses anciens collèges à l’Assemblée nationale. Selon une liste qui circule allègrement, plus d’une douzaine d’ex-députés adéquistes le soutiendraient.
Voici cette liste :
Albert De Martin, ex-député de Huntingdon et président de son comité d’appui
Lucie Leblanc, ex-députée de Deux-Montagnes
Lucille Méthé, ex-députée de St-Jean
Sébastien Schneeberger, ex-député de Drummond
Ginette Grandmont, ex-députée de Masson
Éric Charbonneau, ex-député de Johnson
Monique Roy-Verville, ex-députée de La Prairie
Jean Damphousse, ex-député de Maskinongé
Linda Lapointe, ex-députée de Groulx
Raymond Francoeur, ex-député de Portneuf
Jean Domingue, ex-député de Bellechasse
Claude Morin, ex-député de Beauce-Sud
Claude L’Écuyer, ex-député de Saint-Hyacinthe
Il s’agit de près du tiers de l’ancien caucus adéquiste. Par contre, il y a un petit hic, selon des bruits dans la forêt, il y aurait quelques anciens parlementaires qui ont refusé d’appuyer M. Lévesque qui se retrouve sur cette liste.
Il est bien malheureux que ce genre de stratégie puisse être utilisée. Les gens sur cette liste finiront bien par donner leur appui à l’un ou à l’autre des candidats, le temps saura nous dire si ces rumeurs étaient fondées.
Christian Lévesque est l’ancien porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement économique et il a été président de la chambre de commerce de Lévis en 2006 et en 2007.
Son curriculum est intéressant, par contre son sourire contagieux n’a pas laissé beaucoup de souvenirs dans l’enceinte du salon bleu. Même qu’il avait beaucoup de misère à faire disparaître son grand sourire lorsqu’il posait une question vicieuse aux membres du gouvernement Charest.
Ce qui est le plus particulier dans la candidature de M. Lévesque, c’est l’identité de son organisateur en chef pour sa campagne à la chefferie. Il s’agit de l’ancien directeur général du parti québécois, Raymond Bréard.
Bien sûr, le fait d’être un ami intime de Bernard Landry ne fait pas de lui un homme qui ne peut reconnaître que la souveraineté c’est un projet du passé. Par contre, sa participation au scandale d’Oxygène 9, rappellera de bien mauvais souvenirs à plusieurs.
Ce scandale est détaillé dans un dossier étoffé préparé par l’École Nationale d’Administration publique publié en mai 2007.
En résumé, Oxygène 9 est une boîte de lobbying qui a été créée par André Desroches, ancien organisateur politique de Gilles Baril, ainsi que M. Jean-René Gagnon, l’ancien chef de cabinet du ministre libéral Pierre Laporte.
Raymond Bréard s’associe à eux deux après avoir été chef de cabinet du ministre des Finances, Bernard Landry, et après avoir créé sa propre firme de consultant, seulement cinq mois après avoir quitté l’Assemblée nationale.
Le principal service offert par cette firme est de faire de la consultation en gestion stratégique, en financement de projets et en développement de marché. Ils avaient des contrats autant au niveaux d’entreprises privés, de Sociétés d’État que d’organismes sans but lucratif ou même communautaire.
Leurs services pouvaient être offert en échange d’une commission variant entre 10% et 15% du montant de la subvention obtenue.
L’histoire mise à jour en janvier 2002 entraîna, à la mi-février, les démissions de M. Raymond Bréard alors directeur général du parti québécois et du ministre des Régions, de l’Industrie et du Commerce, Gilles Baril, qui est aussi à ce moment-là l’organisateur en chef du parti.
À l’époque, Pauline Marois a poussée très fort pour que ces deux proches de Bernard Landry quittent leurs fonctions. Évidemment ça diminuait la crédibilité de son patron et ça aurait pu lui permettre de le remplacer.
À la fin du mois de mai 2007, Raymond Bréard en avait encore gros contre la Marois. Il a publié dans la Presse une lettre où il règne ses comptes avec elle.
Dans toute cette histoire, personne ne sera accusé d’un quelconque crime. Par contre, cette grande complicité entre des ministres et une firme de lobbying est l’une des raisons de la descente du parti québécois et de sa défaite en 2003.
Une loi sur le lobbying a par la suite été adoptée.
On peut facilement faire des comparaisons avec la situation présente dans le domaine de la construction.
Le fait d’être ami ou de pendre ses vacances sur le bateau de Tony Accurso n’est pas un crime en soi. Par contre, il manque un peu de distance pour que la population soit en confiance.
À l’époque, Bernard Landry a dit que M. Bréard avait « suivi la coutume de l’Union nationale, des libéraux et du parti québécois… il n’y a pas de règles strictes au Québec ».
Ça me rappelle la déclaration récente de Jocelyn Dupuis comme quoi son compte de dépense de 125 000 $ en six mois était normal. « Ça n’a jamais changé depuis que la FTQ-Construction existe. Ça a toujours été pareil, bout à bout. C’est autorisé. C’est tout. Ça a été approuvé par l’exécutif ».
Mes questionnements : Comment et pourquoi Christian Lévesque se retrouve-t-il associé à Raymond Bréard ? Peut-on en conclure que M. Bréard désire ardemment se frotter à Pauline dans une nouvelle arène ? Le gentil Christian Lévesque est-il conscient du passé de M. Bréard ?
Plusieurs personnes informées de l’arrivée de M. Bréard dans l’équipe de Christian Lévesque ont été inquiétées. Par contre, d’autres, dont l’ancien bras droit du chef de l’ADQ, considèrent cette affaire comme négligeable.
En ce beau Vendredi saint, doit-on pardonner à quelqu’un qui a fait du lobbying alors qu’il n’y avait pas de règles établies ? Raymond Bréard a-t’il le droit de se relever après avoir donné l’impression de commettre un pêché ?
L’avenir saura nous dire s’il y aura des conséquences.
Mise-a-jour : Le 14 mai, Christian Lévesque nous annonce quelques un de ses appuis.
Ils font tous partis de la liste ci-haut, mais ils ne sont que cinq.
Il s’agit d’Albert de Martin, de Claude L’écuyer, d’Éric Charbonneau, de Monique Roy-Verville et de Jean Damphousse.
Fait à noter, il s’agit tous d’anciens élus qui ont terminé 3e dans leur comté respectif en décembre dernier.

Commentaires récents