Lors de la dernière campagne électorale fédérale, plusieurs personnes ont critiqués le fait que le Bloc québécois est infesté d’anciens dirigeants de la CSN, même que certains on surnommé le Bloc le sénat de la CSN.
Cette histoire a débuté bien avant la lettre des cinq ex-confrères et consoeurs de Duceppe lui reprochant d’avoir fait uniquement de la place aux syndicaleux et la lettre titrée Les vieilles « picouilles » de Jacques Brassard au début de la dernière élection fédérale.
J’ai retrouvé un article de 1993 publié dans le journal Le Devoir nous expliquant les nombreuses entourloupettes que la CSN et son Vice-Président de l’époque, Pierre Paquette, faisait pour que Osvaldo Nunez puisse remporter l’investiture de Bourassa.
Voici une déclaration bien intéressant de l’époque, Pierre Paquette décrivait ainsi le Bloc : « J’ai toujours pensé que le Bloc est une coquille vide que nous sommes en mesure de teinter sur le plan politique ». Bravo, M. Paquette, c’est un succès, la coquille a été bien remplie par la CSN.
Gilles Duceppe, dans toute cette histoire-là, est le plus ancien député du parti, il a été membre du parti communiste dans les années soixante-dix et négociateur pour la CSN.
De plus, j’ai eu de nouvelles preuves qu’il a aussi tourné les coins pas mal ronds lorsque certaines occasions pouvaient avantager certains de ses amis.
André Néron était le chef de cabinet de Michel Gauthier, le successeur de Lucien Bouchard en 1996. Il a écrit un livre Le temps des hypocrites où il raconte différentes histoires qu’il a vécu en politique.
Avant de vous en raconter une, voici une brève mise en situation :
Lucien Bouchard quitte le bloc le 15 janvier 96
Gilles Duceppe assume l’intérim pendant un mois
Michel Gauthier est nommé chef du bloc le 17 février 96.
Voici un extrait du livre :
N.B : Le fait suivant se passe à l’époque de la passation de Lucien Bouchard du Bloc au PQ. C’est André Néron qui parle…
« (…) C’est à ce moment que je me suis rendu compte que plusieurs membres du groupe d’ami de Gilles Duceppe avaient quitté Ottawa de façon un peu particulière, parce qu’ils avaient bénéficié d’importantes indemnités en raison de leur ‘’ congédiement’’. Sur le moment, je n’avais pas prêté une très grande attention à ce tour de passe-passe. Cependant, quelques jours plus tard, Nicole Leblanc m a fait part d’une demande d’André Leclerc qui disait attendre les documents attestant qu’on le congédiait, de même que deux autres personnes. Leclerc avait jusque-là occupé le poste de directeur des communications du Bloc à Ottawa. Avec le départ de Lucien Bouchard, il était passé au service d’un ministre du gouvernement du Québec (…) J’ ai donc parlé de cette affaire à M. Gauthier, qui est resté ébahi. Je lui ai fait remarquer que certaines personnes congédiées avaient bénéficié d’une augmentation de salaire considérable avant leur départ, ce qui avait eu pour effet de gonfler leurs indemnités de licenciement. Par exemple le directeur des communications avait été muté avec une augmentation de salaire de 9 500$. Le salaire d’une recherchiste avait pour sa part été augmenté de 21 000$. Bref, il y avait plusieurs coïncidences troublantes. Outré, Michel Gauthier a même saisi le téléphone, à ma demande, pour en parler à Lucien Bouchard. Le premier ministre a répondu que tout avait été fait dans les règles, mais qu’il n’en savait pas davantage (…) Quand nous nous sommes parlé, Charles Chevrette et Gilbert Charland ont été incapable de justifier ce qui s’était passé. Ils ont fait porter la responsabilité par Gilles Duceppe, en soulignant que c’était lui qui avait autorisé les congédiements. J’ai demandé à gilles de passer à mon bureau. Il était visiblement très embêté. Puis nous sommes allés rejoindre Michel Gauthier, et nous avons réévalué la situation.’’ Ça n’a pas de maudit bon sens, ce qui a été fait. Ça n’a pas d’allure’’, disait Gauthier. Gilles Duceppe se débattait comme un diable dans l’eau bénite. Cette histoire le rendait nerveux (…) »
Fait à noter, on m’a démontré, preuves à l’appui, que plusieurs médias n’ont pas voulu en parler lors de la dernière élection fédérale. Même que le blogo-chroniqueur Patrick Lagacé a considéré que c’était déjà du domaine public…
Mon analyse : Le bloc québécois et son chef sont tout d’abord inféodé à la CSN, puis Gilles Duceppe est capable de faire toutes les grimaces imaginables si il pense que c’est bon pour lui et sa gang.
Des exemples :
Il quitte le Bloc pour remplacer André Boisclair, le lendemain il se ravise !!!
En 2005, sur un dépliant du bloc, il inclut Stéphane Dion dans le scandale des commandites. L’ancien chef des libéraux l’a poursuivi et il a obligé Gilles Duceppe à s’excuser.
Quelques mois plus tard, Il se joint au PLC et au NPD pour créer une coalition alors que ces deux partis prônent la centralisation des pouvoirs à Ottawa et évidemment le fédéralisme.
Et comme vous venez de le lire, il distribue des augmentations dans l’unique but d’augmenter des cotisations de départ et accepte de faire de fausses déclarations en signant des documents de faux congédiements.
Si en un seul mois en 1996 il a pu faire ça, imaginez à quel point il pu profiter du système fédéral dans les douze dernières années.

Et dire que dans la campagne suivante du Bloc le slogan était “Un parti PROPRE au Québec!“.
Il fallait avoir du front !