Je suis bien heureux de vous présenter une entrevue que j’ai réalisé au tout début de l’année et qui a été publié il y a quelques jours dans le magazine La zone de boxe.
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En tout début d’année, j’ai pu rencontrer le sympathique et généreux boxeur originaire du Cameroun, Olivier Lontchi, tout juste après une séance d’entraînement.
Il a eu la chance de participer à un combat de championnat du monde à Atlantic City en juin dernier, mais il a été particulièrement discret depuis.
J’ai pu faire avec lui un retour sur ce combat important sur sa carrière et connaître ses plans pour l’avenir.
La Zone de Boxe : Bonjour Olivier
Olivier Lontchi : Bonjour
ZDB : En juin dernier, tu as eu la chance de participer à un combat de championnat du monde, comment as-tu vécu cette expérience?
OL : C’était merveilleux, ce n’est vraiment rien de comparable à ce que j’ai vécu ici. L’événement était gros, c’était la première fois que je participais à un main event à la télépayante. J’ai aimé l’expérience même si le combat ne s’est pas déroulé comme je l’espérais.
ZDB : On m’a dit que tu t’es blessé avant le combat, est-ce vrai?
OL : Oui, je me suis blessé cinq semaines avant le combat. J’aurais pu annuler le combat, mais j’attends ce moment-là depuis le début de ma carrière pro, on a beau faire de l’argent, ce qui me motive, moi, c’est la ceinture mondiale.
Je me suis dit, OK, j’ai la chance d’aller en championnat du monde, le gars (Juan Manuel Lopez), il n’est pas obligé de m’affronter, j’étais classé 3e. Si j’avais dit non, il aurait pris quelqu’un d’autre.
ZDB : Quelle était la nature de ta blessure?
OL : Je me suis blessé à l’entraînement, je me suis déchiré un cartilage dans les côtes. C’est arrivé probablement parce que j’étais fatigué.
En travaillant la musculation de mes obliques, j’ai forcé en finissant une série et en poussant j’ai entendu CLAC. Ça m’a jeté par terre, j’ai perdu le souffle immédiatement.

Source : Jonathan Abenhaim
ZDB : Comment as-tu réagi?
OL : J’étais au Centre Claude-Robillard quand c’est arrivé et il y avait en même temps le Championnat du monde d’escrime. J’ai pu voir la physiothérapeute qui m’a suggéré d’aller à l’hôpital, selon elle c’était la côte ou le cartilage.
Je suis rentré chez moi et ça ne me tentait pas d’aller à l’hôpital, je parvenais à respirer bien, mais c’était difficile dès le moindre effort. Le lendemain, j’ai appelé mon entraîneur, André Kulesza, qui m’a dit va à l’hôpital
ZDB : Comment as-tu adapté ton entraînement par la suite?
OL : Au départ, je ne voulais pas le dire à Howard, je lui ai caché ça pendant deux semaines. Il n’a pas pu s’en rendre compte puisque je ne faisais pas de sparring. Lorsque je travaillais au sac ou avec les mitaines, je faisais attention pour qu’il ne me touche pas.
Pis je me suis dit, je vais boxer contre un gars qui est l’un des meilleurs de mon poids, je dois faire un peu de sparring. Je prenais des anti-inflammatoires, donc j’avais pu tellement de douleur.
Lorsque j’ai demandé à Otis de m’aider en mettant les gants, c’est revenu immédiatement. Il m’a donné un coup sur le bras et ça a frappé par ricochet sur mes côtés. À ma grande surprise, j’ai eu le souffle coupé pendant cinq minutes.
Otis a eu peur de m’avoir blessé et Howard m’a proposé d’annuler le combat, mais j’ai refusé.
ZDB : Comment ça s’est passé pendant le combat?
OL : Pendant le premier round, je ne voulais pas qu’il me touche alors je devais me déplacer et travailler à distance. Le gars a été ben smatte, il avait bien regardé mes cassettes et savait que je bougeais bien, ils ont amené un ring avec un tapis très mou.

Souce : Jonathan Abenhaim
Après le premier round, je me suis assis et je ne sentais plus mes pieds. Howard m’a demandé How you feel ? Je lui ai répondu good, mais en dedans de moi je me suis dit : Dans quelle merde, je suis !!!
Par la suite, j’ai simplement voulu prouver au monde que j’étais du même calibre. Les gens, là-bas, me donnaient maximum trois rounds.
Le gars il m’a battu, ça, c’est sûr, mais j’aurais aimé qu’il me batte dans d’autres conditions. Je n’ai pas voulu parler de ma blessure par la suite parce que je ne voulais pas donner d’excuses.
Pendant cinq semaines, je n’ai pas fait de poids, je n’ai pas fait de sparring, j’ai presque perdu toute ma force physique. Tout ce que je faisais pendant ces semaines, c’était de contrôler mon poids. Je pouvais faire un peu de shadow en douceur, je pratiquais uniquement mon direct et mes esquives.
ZDB : Qu’est-ce que tu retiens de cette expérience en championnat du monde?
OL : Premièrement, c’est que pu jamais je vais me battre lorsque je suis blessé peu importe mon adversaire, je ferai pu jamais ça. La deuxième chose, c’est la visibilité que j’ai obtenue aux États-Unis.
ZDB : Ça prit combien de temps à ton cartilage pour se rétablir?
OL : Ça été très long. Je suis revenu à 100 % uniquement depuis le début décembre. Je peux maintenant tout faire.
ZDB : Entre temps, qu’est-ce que tu as fait?
OL : En septembre, je suis allé en Irlande pour servir de sparring partner à Bernard Dunne pour son combat de championnat du monde contre un Thaïlandais.
Durant le camp d’entraînement, je me suis rendu compte que je n’étais pas rétabli. Le soir et le matin, je sentais une petite douleur.

Source : Jonthan Abenhaim
ZDB : Depuis quand as-tu quitté Howard Grand?
OL : C’est à mon retour d’Irlande que j’ai pris la décision. Ce n’est pas à cause de ma blessure, même s’il m’en veut probablement et c’est normal. Moi je ne lui en veux pas et j’ai même essayé de renouer le contact dans le temps de fêtes.
On a fait cinq ans ensemble. J’avais besoin de changement. Ce qui m’a forcé à quitter Howard c’est l’aventure, le désir d’apprendre de nouvelles choses.
Pour l’instant, je suis en réflexion, je n’ai pas encore d’entraîneur définitif bien que j’ai repris l’entraînement depuis un petit bout de temps.
ZDB : Comment est ta relation avec ton compatriote Herman Ngoudjo ?
OL : Nous avons une très bonne relation, on se connait depuis une quinzaine d’années. Il est pour moi mon meilleur partenaire d’entraînement. Il est très fort physiquement, il est très intelligent dans le ring, son aide m’est très précieuse, je ne peux pas m’en passer.
ZDB : À quand ton retour sur le ring?
OL : J’espère le plus tôt possible parce que je déteste rester trop longtemps inactif. Plus c’est long entre chaque combat, plus c’est difficile.
Heureusement pour moi, je n’ai pas de difficulté avec mon poids, présentement je pèse 124 livres.
ZDB : Quels sont tes plans pour 2010?
OL : Mon premier objectif est d’être en santé pour pouvoir m’entraîner comme il faut et, par la suite de pouvoir faire des combats importants, après ça, tout le reste va suivre.
ZDB : Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à mes questions et bonne chance pour ton prochain combat.
OL: Merci à toi.
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