09
fév
10

La laïcité, la suite d’un débat de fond

Ce soir à 19h à  la librairie Olivieri, il y aura un débat suite à la publication d’un manifeste intitulé Pour un Québec pluraliste ? Les panélistes présents seront Jocelyn Maclure et Micheline Milot, deux signataires du manifeste, ainsi que Dominique Leydet et Louis Balthazar.

Le manifeste Pour un Québec pluraliste ? a été initié par 142 professeurs d’université et maintenant près de 500 autres ont aussi signé ce long texte, une version écourté est aussi disponible.

En réaction, le Collectif citoyen pour l’égalité et la  (CCIEL) vient de publier un texte signé par Micheline Bail, Geneviève Corfa et Guilda Kattan.

Mon analyse : Loin de me considérer comme un intellectuel, je n’embarquerai pas dans un tel argumentaire.

Je vous invite simplement à lire ces deux textes et à faire vous-même votre opinion. Et si le débat vous intéresse, rendez-vous ce soir à la librairie Olivieri.

08
fév
10

Le décrochage scolaire, d’actualité depuis trop longtemps

Samedi dernier, Denise Bombardier a publié un papier très intéressant dans le journal Le Devoir concernant la présence ou plutôt l’absence de francophones québécois à l’Université.

Elle nous informe que selon l’Institut de la Statistique du Québec l’écart actuel entre les francophones et les anglophones qui obtiennent un diplôme universitaire est presque le même qu’il y a quarante ans.

Avant d’extrapoler sur les explications de cet échec, on doit rappeler que le Québec a les pleins pouvoirs quant à sa gestion du monde de l’éducation et que ce ministère représente des déboursés de 14 milliards de dollars annuellement.

Le point de madame Bombardier est intéressant, mais il y a bien pire.

À Montréal, les taux de décrochage des deux commissions scolaires sont très loin d’être semblables. J’ai écrit un billet sur ce sujet en mai dernier suite à une série d’articles sur le sujet dans la Presse.

Le taux de décrochage à la CSDM (francophone) est de 57,5 % et à la CSEM (anglophone) il est seulement de 28,6 %.

Mon analyse : C’est tout simplement scandaleux que l’on ne soit pas en mesure d’avoir des taux de réussites semblables. Si j’étais au gouvernement ou si j’avais assez d’influence sur un centre de recherche (genre CIRANO ou IEDM), ce serait un sujet à fouiller en profondeur.

C’est tout un aveu d’échec pour le parti québécois, qui a gouverné la province durant 18 ans et pour le parti libéral qui a tenu la barre pendant 22 ans. Mais aussi pour la CSDM qui a pour slogan « Ils iront loin ». C’est franchement ironique, quand plus de la moitié de tes élèves ne finissent pas leur formation.

06
fév
10

Il y a 33 ans, René Lévesque tue Edgar Trottier

Comme je l’ai annoncé le 10 janvier dernier, voici un deuxième billet portant sur notre histoire, particulièrement celle qui est parfois oubliée.

Le 6 février 1977, moins de 100 jours après avoir mené le PQ au pouvoir de la province du Québec, René Lévesque est le responsable d’un important accident qui enlève la vie à un Montréalais de 62 ans.

Après une longue soirée à jouer aux cartes avec différents amis chez Yves Michaud, René Lévesque, pour une raison encore inexpliquée aujourd’hui, décide de conduire la voiture de sa secrétaire personnelle et maitresse de l’époque, Corinne Côté, au lieu de se faire reconduire par son chauffeur.

Aux petites heures du matin, sur le chemin de la Côte-des-neiges, il frappe un individu qui, selon le témoignage de Lévesque et Côté, était couché sur la chaussée. Les policiers qui se sont rendus sur place n’ont pas cru bon de faire passer les tests réglementaires au nouveau premier ministre.

Celui qui a perdu la vie, Edgar Trottier, 62 ans, était un sans-abri, donc personne n’a pris sa défense ou n’a demandé une enquête plus poussée contre le PM de l’époque.

Autant de gens croient que l’itinérant était ivre qu’il y en a qui pensent que René Lévesque l’était tout autant.

Mon analyse : Tout d’abord, il faut se remettre dans le contexte de l’époque.

Jean-Marie De Konink ne pensera à créer Opération Nez Rouge que sept ans plus tard et le port de la ceinture obligatoire est en vigueur depuis seulement un an. On est dans une tout autre époque qu’aujourd’hui.

Faut pas se faire des à croire, René Lévesque était connu pour abuser des bonnes choses, alcool, cigarette, femme…

Autant avant qu’après il y a eu plusieurs histoires de forte consommation d’alcool qui ont été racontées par des proches de Lévesque. Par exemple, Pierre Godin, l’un de ses plus prolifiques biographes, parle de ses problèmes d’alcool et de sa dépression alors qu’il était encore à la tête du gouvernement.

Le fait que les policiers n’aient pas pris la précaution de faire passer les tests réglementaires à René Lévesque et qu’il est préféré renvoyer son chauffeur ne démontre pas que celui qui était surnommé Ti-Poil était en boisson, mais ça laisse un doute important.

Cet accident aura de lourdes conséquences pour René Lévesque puisque sa relation avec Corinne Côté n’était pas connue à l’époque et qu’il était toujours marié à Louise L’Heureux, la mère de ses trois enfants.

Bien qu’aucune accusation ne soit portée contre René Lévesque, on finira par apprendre que la femme qui l’accompagnait était sa secrétaire personnelle au lieu que ce soit sa femme. Il en résultera un divorce dans les mois qui suivront.

Loin d’être un exemple en matière conjugale, Ti-Poil entretenait une liaison avec Corinne Côté depuis 1970. Libérés de cette vie de mensonge et de secret, ils uniront leur destinée, en deuxième noce, le 12 avril 1978.

Il reste encore quelques personnes vivantes qui pourraient nous parler de cette soirée, entre autres, l’hôte, Yves Michaud, est toujours parmi nous.

Mais, il ne faut pas se faire d’illusion, si Michaud a gardé le secret de la relation entre René et Corinne pendant de nombreuses années, il gardera pour lui une telle révélation.

Toujours d’actualité, cet événement a été analysé par plusieurs, même qu’un avocat a récemment écrit une lettre affirmant que René Lévesque aurait pu être victime d’un guet-apens qui l’a poussé à écraser un homme.

En conclusion, René Lévesque, loin d’être un Saint, a commis une grave erreur de jugement en ne se laissant pas conduire par celui qui était payé pour faire ça. C’est fait indéniable, pour le reste les suppositions ne disparaitront jamais à cause d’un travail policier bâclé.

Personnellement, je n’ai pas trop de misère à croire qu’il avait bu et qu’il dépassait probablement le .08. Si un tel événement avait lieu aujourd’hui, la législation, bien plus sévère et la surveillance médiatique, ne permettraient pas de tel oubli policier.

Peut-on s’imaginer ce qui serait arrivé si René Lévesque avait été reconnu coupable de conduite avec les facultés affaiblies ayant causé la mort ?

Combien de temps aurait-il fait en prison ? Qui aurait pris la relève au gouvernement ? Combien de réformes péquistes n’auraient pas vu le jour? La population aurait-elle pardonné à un meurtrier-chef d’État ? Le référendum de 1980 aurait-il eu lieu ?

05
fév
10

Avatar 3D, à la hauteur de sa réputation

Hier soir, je suis allé voir la dernière œuvre de l’Ontarien James Cameron, le fabuleux film Avatar.

En général, je ne suis pas du genre science-fiction, je préfère de beaucoup les fresques historiques, les polars et bien sûr les documentaires, par contre ce film m’a beaucoup impressionné.

Comme probablement 100 000 autres cinéphiles, je suis sorti assez émerveiller après avoir regardé ce long métrage de deux heures et quarante-six minutes.

Côté scénario, c’est la traditionnelle rivalité entre les bons et les méchants. Contrairement à Terminator, une autre réalisation de Cameron, les méchants sont maintenant les humains et les bons sont les habitants de la planète Pandora. Ce n’est rien de renversant et on comprend assez facilement comment le héros, Jake Sully va s’y prendre former et mener une armée de Na’vi.

Ce qui est fascinant dans ce film c’est la qualité des images graphiques, en 3D en plus. Les paysages sont magnifiques, je comprends bien Jake Sully d’avoir préféré cette nouvelle vie à celle d’un homme avec les jambes paralysées.

De plus, il est important de souligner la très bonne performance de Sigourney Weaver, qui a fêté son soixantième anniversaire en octobre dernier et de la très belle Zoe Saldana dans le rôle de Neytiri, la fille du couple qui dirige les destinées de la tribu Na’vi.

En somme, un film à voir au cinéma pour la qualité des images et les effets 3D. Une suite devrait paraître en 2013. En passant, celui-ci a pris quatre ans de tournage.

James Cameron s’est encore renouvelé et il est à la hauteur de sa réputation. Ce n’est pas pour rien que ce film est déjà celui qui a engrangé le plus d’argent de l’histoire cinématographique et c’est pas terminé.

J’ai l’impression que ce film va révolutionner le monde de la science-fiction comme The Matrix l’a fait il y a déjà plus de dix ans.

03
fév
10

Olivier Lontchi, accepter de reculer pour mieux avancer

Je suis bien heureux de vous présenter une entrevue que j’ai réalisé au tout début de l’année et qui a été publié il y a quelques jours dans le magazine La zone de boxe.

En tout début d’année, j’ai pu rencontrer le sympathique et généreux boxeur originaire du Cameroun, Olivier Lontchi, tout juste après une séance d’entraînement.

Il a eu la chance de participer à un combat de championnat du monde à Atlantic City en juin dernier, mais il a été particulièrement discret depuis.

J’ai pu faire avec lui un retour sur ce combat important sur sa carrière et connaître ses plans pour l’avenir.

La Zone de Boxe : Bonjour Olivier

Olivier Lontchi : Bonjour

ZDB : En juin dernier, tu as eu la chance de participer à un combat de championnat du monde, comment as-tu vécu cette expérience?

OL : C’était merveilleux, ce n’est vraiment rien de comparable à ce que j’ai vécu ici. L’événement était gros, c’était la première fois que je participais à un main event à la télépayante. J’ai aimé l’expérience même si le combat ne s’est pas déroulé comme je l’espérais.

ZDB : On m’a dit que tu t’es blessé avant le combat, est-ce vrai?

OL : Oui, je me suis blessé cinq semaines avant le combat. J’aurais pu annuler le combat, mais j’attends ce moment-là depuis le début de ma carrière pro, on a beau faire de l’argent, ce qui me motive, moi, c’est la ceinture mondiale.

Je me suis dit, OK, j’ai la chance d’aller en championnat du monde, le gars (Juan Manuel Lopez), il n’est pas obligé de m’affronter, j’étais classé 3e. Si j’avais dit non, il aurait pris quelqu’un d’autre.

ZDB : Quelle était la nature de ta blessure?

OL : Je me suis blessé à l’entraînement, je me suis déchiré un cartilage dans les côtes. C’est arrivé probablement parce que j’étais fatigué.

En travaillant la musculation de mes obliques, j’ai forcé en finissant une série et en poussant j’ai entendu CLAC. Ça m’a jeté par terre, j’ai perdu le souffle immédiatement.

Source : Jonathan Abenhaim

ZDB : Comment as-tu réagi?

OL : J’étais au Centre Claude-Robillard quand c’est arrivé et il y avait en même temps le Championnat du monde d’escrime. J’ai pu voir la physiothérapeute qui m’a suggéré d’aller à l’hôpital, selon elle c’était la côte ou le cartilage.

Je suis rentré chez moi et ça ne me tentait pas d’aller à l’hôpital, je parvenais à respirer bien, mais c’était difficile dès le moindre effort. Le lendemain, j’ai appelé mon entraîneur, André Kulesza, qui m’a dit va à l’hôpital

ZDB : Comment as-tu adapté ton entraînement par la suite?

OL : Au départ, je ne voulais pas le dire à Howard, je lui ai caché ça pendant deux semaines. Il n’a pas pu s’en rendre compte puisque je ne faisais pas de sparring. Lorsque je travaillais au sac ou avec les mitaines, je faisais attention pour qu’il ne me touche pas.

Pis je me suis dit, je vais boxer contre un gars qui est l’un des meilleurs de mon poids, je dois faire un peu de sparring. Je prenais des anti-inflammatoires, donc j’avais pu tellement de douleur.

Lorsque j’ai demandé à Otis de m’aider en mettant les gants, c’est revenu immédiatement. Il m’a donné un coup sur le bras et ça a frappé par ricochet sur mes côtés. À ma grande surprise, j’ai eu le souffle coupé pendant cinq minutes.

Otis a eu peur de m’avoir blessé et Howard m’a proposé d’annuler le combat, mais j’ai refusé.

ZDB : Comment ça s’est passé pendant le combat?

OL : Pendant le premier round, je ne voulais pas qu’il me touche alors je devais me déplacer et travailler à distance. Le gars a été ben smatte, il avait bien regardé mes cassettes et savait que je bougeais bien, ils ont amené un ring avec un tapis très mou.

Souce : Jonathan Abenhaim

Après le premier round, je me suis assis et je ne sentais plus mes pieds. Howard m’a demandé How you feel ? Je lui ai répondu good, mais en dedans de moi je me suis dit : Dans quelle merde, je suis !!!

Par la suite, j’ai simplement voulu prouver au monde que j’étais du même calibre. Les gens, là-bas, me donnaient maximum trois rounds.

Le gars il m’a battu, ça, c’est sûr, mais j’aurais aimé qu’il me batte dans d’autres conditions. Je n’ai pas voulu parler de ma blessure par la suite parce que je ne voulais pas donner d’excuses.

Pendant cinq semaines, je n’ai pas fait de poids, je n’ai pas fait de sparring, j’ai presque perdu toute ma force physique. Tout ce que je faisais pendant ces semaines, c’était de contrôler mon poids. Je pouvais faire un peu de shadow en douceur, je pratiquais uniquement mon direct et mes esquives.

ZDB : Qu’est-ce que tu retiens de cette expérience en championnat du monde?

OL : Premièrement, c’est que pu jamais je vais me battre lorsque je suis blessé peu importe mon adversaire, je ferai pu jamais ça. La deuxième chose, c’est la visibilité que j’ai obtenue aux États-Unis.

ZDB : Ça prit combien de temps à ton cartilage pour se rétablir?

OL : Ça été très long. Je suis revenu à 100 % uniquement depuis le début décembre. Je peux maintenant tout faire.

ZDB : Entre temps, qu’est-ce que tu as fait?

OL : En septembre, je suis allé en Irlande pour servir de sparring partner à Bernard Dunne pour son combat de championnat du monde contre un Thaïlandais.

Durant le camp d’entraînement, je me suis rendu compte que je n’étais pas rétabli. Le soir et le matin, je sentais une petite douleur.

Source : Jonthan Abenhaim

ZDB : Depuis quand as-tu quitté Howard Grand?

OL : C’est à mon retour d’Irlande que j’ai pris la décision. Ce n’est pas à cause de ma blessure, même s’il m’en veut probablement et c’est normal. Moi je ne lui en veux pas et j’ai même essayé de renouer le contact dans le temps de fêtes.

On a fait cinq ans ensemble. J’avais besoin de changement. Ce qui m’a forcé à quitter Howard c’est l’aventure, le désir d’apprendre de nouvelles choses.

Pour l’instant, je suis en réflexion, je n’ai pas encore d’entraîneur définitif bien que j’ai repris l’entraînement depuis un petit bout de temps.

ZDB : Comment est ta relation avec ton compatriote Herman Ngoudjo ?

OL : Nous avons une très bonne relation, on se connait depuis une quinzaine d’années. Il est pour moi mon meilleur partenaire d’entraînement. Il est très fort physiquement, il est très intelligent dans le ring, son aide m’est très précieuse, je ne peux pas m’en passer.

ZDB : À quand ton retour sur le ring?

OL : J’espère le plus tôt possible parce que je déteste rester trop longtemps inactif. Plus c’est long entre chaque combat, plus c’est difficile.

Heureusement pour moi, je n’ai pas de difficulté avec mon poids, présentement je pèse 124 livres.

ZDB : Quels sont tes plans pour 2010?

OL : Mon premier objectif est d’être en santé pour pouvoir m’entraîner comme il faut et, par la suite de pouvoir faire des combats importants, après ça, tout le reste va suivre.

ZDB : Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à mes questions et bonne chance pour ton prochain combat.

OL: Merci à toi.




Citation de l’heure

Un secret partagé est moins lourd à porter.

- LOUISE COUSINEAU, Tout le monde en parle, 31 janvier 2010

 

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